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Mjöltznir 4/9

— Installez-vous, vous serez bien ici.

— Je vous remercie infiniment.

Au sein du hameau, malgré l'ombre d'inquiétude et les vestiges fumants du chalet récemment ravagé par l'incendie désormais sous contrôle, Varvara affichait un sourire. Une gentille dame avait guidé les nouveaux arrivants épuisés vers des masures pour se reposer. Certaines de ces demeures abritaient déjà des familles qui avaient chaleureusement ouvert leurs portes à quelques mages du cortège de Nerva. Cependant, l'ancienne servante s'était vue attribuer une charmante petite cabane, un cocon douillet juste pour elle et son fils.

Avaient-ils été touchés par la vision de cette jeune mère, frigorifiée, avec son bébé blotti contre sa poitrine ? Ou avaient-ils simplement voulu épargner aux autres la cacophonie des pleurs nocturnes ? Elle ne le savait pas, mais une gratitude immense inondait son cœur envers les habitants du hameau, dont la bonté éclipsait les difficultés du moment.

Un feu crépitait joyeusement dans le brasero, diffusant une chaleur bienvenue. La femme d'âge mûr, qui l'avait guidée dans ce refuge, lui avait généreusement offert ce qui semblait être un berceau de bois rustique. Ce dernier avait appartenu à sa propre fille, et elle était heureuse à l'idée de le confier à cette jeune mère courageuse.

Deux heures s'étaient écoulées, et Messayah dormait paisiblement, enveloppé par la tendre chaleur qui cajolait leurs cœurs et leurs corps. Pourtant, le sommeil échappait à Varvara. Ses yeux erraient par la fenêtre, mais l'ombre blanche de la nuit ne parvenait pas à apaiser ses inquiétudes. Son esprit était hanté par une unique pensée, celle de Jaya.

Mais aussi de Vadim.

Ce qui s'était produit... Ses souvenirs déformés d'une mort qui s'était avérée être une fausse fin. Elle avait passé tant de temps à croire, à ruminer, pour finalement arriver à une conclusion inévitable : si Vadim était encore en vie aujourd'hui, cela ne pouvait être que l'œuvre du roi. Elle en était convaincue. Malgré son apparente insensibilité, le Seigneur Byron chérissait ses enfants et ne leur aurait jamais fait de mal.

Il avait agi de même envers elle, malgré sa froideur, et n'avait jamais cherché à la faire taire pour de bon malgré ce qu'elle avait fait et ce qu'elle savait sur son fils aîné.

Peut-être... en avait-il conscience ? Qu'elle et lui avaient... le même sang ?

Quelqu'un frappa à sa porte, l'arrachant brutalement de ses pensées.

Doucement, elle glissa une main tremblante dans sa chevelure défaite, poussant un soupir de fatigue. Puis, elle se dirigea vers l'entrée. Si ces coups persistaient, ils risquaient de réveiller Messayah.

Dans l'entrebâillement de la porte, elle croisa deux yeux pervenche.

— Nerva ?

— Ça va ? Je... je venais voir si tu étais bien installée.

— Oui, pour le mieux. Et toi ?

— Ils m'ont mis avec une famille de quatre personnes. Ils sont gentils et m'ont donnés des vivres.

Il lui montra un sac sur son épaule.

— Je venais t'en emmener.

Un doux sourire naquit sur le visage de Varvara. Il ne manquait jamais d'attentions.

— Entre, ne reste pas dehors.

Devant le regard incertain du jeune homme, elle se décala pour lui céder le passage. À l'intérieur du chalet, le feu crépitait, contrastant avec le froid mordant de la nuit à l'extérieur. Nerva appréciait ce réconfort après tous ces jours à déambuler dans ces montagnes gelées.

Elle l'invita à prendre place à la vieille table de bois et, ensemble, ils partagèrent les quelques provisions dont ils disposaient en discutant.

— Le petit s'est endormi ?

— Oui, répondit Varvara. Il était épuisé. La gentille femme qui m'a emmenée ici m'a même offert un berceau pour le coucher.

— C'est gentil de sa part.

— Oui. Je... je suis vraiment heureuse d'être arrivée ici, même si...

Son visage affichait une lueur terne. Il l'avait ressenti dès son entrée, mais s'était rassuré lorsqu'il avait vu ses beaux yeux s'illuminer à sa venue.

— Je m'inquiète pour la princesse... Tu sais, son mari, le prince, c'est...

Elle se pinça les lèvres et ses esprits se tournèrent vers les paroles de sa mère. Vers ce lien de sang, vers ces longs mois passés à se cacher pour protéger son précieux bébé.

— Oui, j'imagine que ça doit être un choc de le voir vivant. Tout le monde le pensait mort. De plus, de ce que j'ai vu, il n'a pas l'air commode, soupira-t-il en avalant d'un trait son verre de lait chaud.

Elle sourit, pleine de nostalgie.

— Non, en effet. Pour avoir travaillé pour lui et sa famille depuis toujours, je peux te dire que ce n'est pas quelqu'un de facile. Il a souffert. Beaucoup souffert. Et la princesse aussi. Ils s'aiment d'un amour que j'envie beaucoup, tu sais. Tout ce que je souhaite, c'est qu'ils soient enfin réunis et heureux ensemble.

Nerva la contempla, immobile, soupesant son expression qui s'était subitement voilée de tristesse.

— Et toi ? Qu'est-ce que tu voudrais pour toi ?

Elle tiqua à ces mots et se désintéressa de son morceau de pain aux baies à moitié mangé pour l'observer.

— Comment ça ?

— Tu ne penses pas que tu voudrais être heureuse, toi aussi ?

Elle paraissait perdue, lointaine, naviguant sur les eaux d'un passé qui demeurait un mystère pour Nerva. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder, sa beauté naturelle et sa chasteté l'envahissaient d'un sentiment étrange et dévorant.

— Heureuse... en amour ?

— En amour... et en tout ce que le monde peut offrir, Soliëm.

Elle baissa la tête et étira un doux sourire, penchée sur ces magnifiques panoramas de bonheur dont elle avait toujours rêvé.

— Ce serait si merveilleux.

Nerva ressentit l'urgence de combler l'espace qui les séparait. Son cœur ne pouvait plus tolérer cette distance insoutenable. Il déplaça donc sa chaise avec précaution pour se retrouver face à elle, son regard ancré dans le sien.

— C'est ce que je m'efforcerai de t'offrir.

Il saisit délicatement sa main et y déposa un baiser. Émue par ses attentions, Varvara laissa doucement ses doigts errer sur la mâchoire du jeune homme, où une barbe naissante la chatouillait. L'offrande généreuse de sa tendresse, il la savoura, la buvant à pleines paumes.

— Tu as souffert, toi aussi, Varvara. Je le ressens encore à travers toi... toute cette douleur, cette mésestime de toi-même... je ne veux plus jamais sentir un tel sentiment.

Il s'approcha d'elle lentement, plongeant son regard dans le sien avant de lui offrir un baiser doux comme une caresse. Qu'il était agréable de ressentir à nouveau ces émotions enivrantes, ces papillons virevoltant avec frénésie autour de son cœur qui lui dédiait chaque battement. Oui, il battait la chamade, pur et vrai, et cela, Nerva le percevait clairement.

Cet amour naissant... Cette beauté émotionnelle...

Il en était si transporté que sa main se posa d'elle-même sur la cuisse de Varvara.

La métisse parut surprise par ce contact, même à travers le tissu de ses vêtements. Elle mit fin à leur baiser et se recula légèrement, plantant un regard empreint de confusion dans les yeux de l'homme-loup qui, face à l'interruption abrupte de leur échange, ne put dissimuler un léger regret pour son geste impulsif.

— Nerva, je... je ne suis pas sûre que...

— Ne t'inquiète pas, si tu n'es pas d'accord, je ne ferais rien. Je ne veux pas te brusquer et... je m'excuse...

Tout allait si vite. Leur relation, leur premier baiser, ce regard intense qu'il posait sur elle... De douloureux souvenirs refaisaient surface. La main de Leftheris sur sa cuisse... Sa manière brutale et éhontée de lui prendre sa virginité dans l'infirmerie, sans scrupule, manipulant cyniquement ses sentiments...

Se pourrait-il que Nerva en fasse de même, pour ensuite se débarrasser d'elle ?

Elle se mordit fort la lèvre inférieure pour coincer l'arrivée de ses larmes. Elle ne supporterait cette idée...

Il ressentait son trouble au plus profond de lui, si intensément qu'une douleur aiguë lui transperça la poitrine face à ses tourments et son hésitation. Les êtres sensibles, comme les loups-garous, comprenaient ces choses. Il voulait respecter son rythme, ses limites, veiller à ce qu'elle se sente en sécurité et à l'aise à ses côtés.

— Je crois que... je suis amoureux de toi, Varvara... Ça ne mettait pas arrivé depuis longtemps. Et ce voyage avec toi m'a ouvert les yeux.

Sa main délaissa sa cuisse pour remonter sur sa joue lisse et satinée, illuminée par la lueur vacillante du feu. Il la caressa, la cajola, effleurant sa peau avec une tendresse infinie. Varvara ferma les yeux, se laissant emporter par la douceur de cet instant.

— Je ne veux pas te faire de mal... Ni t'abandonner...

— Je... je le sais, mais... je n'ai connu qu'un homme avant toi et... cette expérience n'a pas été plaisante. Plus j'y pense avec du recul et... plus je réalise à quel point j'ai été naïve. Je l'aimais... mais il ne m'aimait pas. Et il a profité de l'amour que je lui portais pour abuser de moi. Je...

Sa poitrine se contracta à la vue de ces mèches blondes, de ces yeux d'acier et de tous ces souvenirs qui tournoyaient dans sa tête. Nerva l'écouta attentivement, son cœur se nouant à l'idée de la souffrance qu'elle avait dû endurer aux côtés de cet homme horrible.

— Je n'ai jamais... rien ressenti... dans l'intimité...

— Tu n'as jamais rien ressenti ? Tu... tu ne connais pas le... plaisir ?

Elle secoua honteusement la tête. Sur ce geste, le jeune homme, étonné et attristé, captura doucement la finesse de son visage entre ses mains, immergeant son regard clair dans l'obscurité lunaire du sien. Il rapprocha ses lèvres pour la couvrir d'un baiser, lent, très lent, lui chuchotant sur l'ourlet de la bouche :

— Comment as-tu pu ignorer ça, tout ce temps ?

— L'homme... avec qui j'ai eu Messayah... ne prenait pas le temps de s'occuper de... ce genre de choses. Je... c'est idiot, je ne sais même pas pourquoi je te parle de cela...

— Non, ce n'est pas idiot. Quel genre d'homme pourrait se regarder dans le miroir et se dire qu'il n'a pas prit soin d'une femme aussi parfaite que toi ?

Dans la lumière du brasero, les joues de Varvara se mirent à rosir.

Oui, c'était l'effet que Nerva lui faisait. Que ces mots lui faisaient.

Des mots chargés d'authenticité, de sincérité pure, et d'une admiration sans borne. Et ce regard qu'il posait sur elle... Elle n'y décelait pas la moindre convoitise, ni la frénésie charnelle qu'elle avait vue dans les yeux de Leftheris. Non, bien au contraire. Nerva était à des années-lumière de Leftheris... Et même les pulsations de son pauvre cœur brisé en étaient conscientes.

Il voulait qu'elle se sente aimée, respectée et désirée. Il tenait à lui dévoiler que l'amour pouvait être à la fois doux et intense, qu'il ne rimait pas avec souffrance, peur ou transgression. L'amour était l'incarnation même de la pureté, de la tendresse et du plaisir partagé.

Et elle aurait tant souhaité connaître cela avec lui.

Cependant, des bruits abrupts et des cris à l'extérieur vinrent percer leur bulle de calme.

Une silhouette voûtée venait de faire son entrée au hameau.

Blessé, pâle et émacié, Leftheris se tenait fièrement sur son cheval, imposant, le regard acéré fixé sur les villageois venus observer son arrivée. Ces derniers, armés de lances, étaient loin d'être rassurés après les événements de cette soirée. Contrairement aux autres réfugiés qui étaient arrivés plus tôt, cet homme à la cape élégante ne semblait pas animé de bonnes intentions. Sa prestance et sa détermination inébranlable infusaient la peur, et sa rage se lisait sur son visage.

— Qui êtes vous ? lança un homme. Notre cheffe n'est pas là, qu'est-ce que vous nous voulez ?

Descendu de son cheval, le blond s'élança vers la foule.

— Je suis Leftheris Blanchecombe, roi de Cassandore, et j'exige de savoir où se trouve la princesse Jaya ! tonna-t-il, sa voix résonnant à travers le hameau.

Les villageois, pétrifiés par la peur, commencèrent à murmurer entre eux, échangeant des regards effrayés. Un roi ? En ces lieux ? Et qui plus est, seul ? Cette fille, Jaya, semblait être le noyau de toutes les tensions de ce soir. C'était à en perdre la raison. Et elle, une princesse ? Qui saurait prédire jusqu'où ce roi, qui semblait avoir perdu la tête, pourrait aller s'ils ne se pliaient pas à sa volonté ?

Face à leur silence, l'impatience de Leftheris atteignit son paroxysme et il dégaina son épée, la brandissant, menaçant, sous leur nez.

— Dites-moi où elle est ! Je sais qu'elle est ici !

Son cri fit écho à travers la montagne, tout comme sa démence dirigeait ses pas, guidée par un seul et unique prénom.

— Jaya ! Jaya !? Sort d'ici, je sais que tu te caches parmi eux ! Jayaaa !

Au même instant, Hami fit irruption à la tête du rassemblement, cherchant à comprendre la situation, ignorant que Nerva et Varvara la suivaient de près. La jeune guérisseuse reconnut instantanément l'homme, bien qu'il ne ressemblait plus du tout à la figure rayonnante qu'elle avait parfois aperçu, déambulant avec ses troupes dans les ruelles étroites de Cassandore, là où elle avait autrefois exercé son métier d'apothicaire.

Les yeux ronds par le choc, elle murmura malgré elle :

— Prince Leftheris ?

— Roi !

Roi ? Cela signifiait-il que le seigneur Byron n'était plus de ce monde ? La guerre aurait eu raison de lui ? Cette simple supposition lui fit parcourir des frissons le long de l'échine.

— Qu'est-ce que vous faites ici ? Qu'est-il arrivé à votre père ?

— Il est mort. Il n'était qu'un traître... Et de quel droit vous adressez-vous à moi de la sorte, paysanne ?

Leftheris avança d'un pas, mais une grimace le marqua quand son genou se raidit douloureusement. Il ne flancha pas pour autant, étouffant un gémissement entre ses dents fermement serrées.

— Où est-elle... ?

— Je vous en prie, tenta de le calmer Hami. Vous êtes blessé. Calmez-vous et posez cette épée, nous allons vous aider.

— Je ne veux pas... d'aide...

Lorsqu'il fit un autre pas, il ne put contenir une expression de douleur qui déforma son visage blême, ses lèvres gercées par le froid tremblant sous l'abandon de son corps.

— Je veux juste... savoir où est la princesse... Jaya...

Mais après des jours d'errance dans les montagnes sans nourriture ni repos, sa force le trahit. L'épée chuta dans un chant métallique sur la neige dure. Sa tête lui tourna et il s'effondra au milieu du village, son corps meurtri ne pouvant plus résister au fardeau de l'épuisement. Hami et d'autres villageois se précipitèrent immédiatement à ses côtés, formant une auréole de soutien autour de lui.

— Venez m'aider ! Aidez-moi à le retourner !

Quand la lourde masse du nouveau roi fut placée sur le dos, Hami l'examina sans tarder, découvrant un éventail de blessures parsemées sur son corps et sa tête. Il était évident qu'il souffrait aussi de malnutrition. Il devait avoir arpenté les montagnes pendant des jours pour être en si mauvais état.

— Portons-le jusque dans un chalet !

Avec l'aide des villageois, Hami transporta Leftheris dans un endroit plus chaud pour prodiguer les premiers soins. Si elle ne traitait pas rapidement ses maux avec son Risen, il risquait fort de ne jamais se réveiller.

Juste à ce moment, Nerva et Varvara se frayèrent un chemin jusqu'à la tête du rassemblement. Malgré la foule dense, fascinée par la silhouette géante du nouvel arrivant passant à travers le village, Varvara se glaça en apercevant ces mèches blondes et cette cape ornée de galons d'or...

Son souffle se rompit.

C'était impossible...

Ça ne pouvait pas être lui...

Pas ici...

Or, ce n'était pas le seul problème à venir.

Ailleurs, sur un versant enneigé de la montagne, un œil s'ouvrit, percant l'obscurité de la nuit hivernale.

Un œil doré.

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