Le Hameau du Fjord 8/8 🍋
— Je peux savoir où est-ce que tu m'emmènes ?
Vadim ricana en escaladant une nichée de neige sur les hauteurs, sans lâcher la main de sa femme bien trop curieuse.
— Je veux te montrer quelque chose.
Les joues gonflées d'impatience, Jaya s'était laissée emporter après la fin de leur entraînement qui avait duré la journée. Après tant d'efforts pour parfaire ses techniques d'attaque, elle n'avait plus qu'un souhait : rentrer au chaud, manger et dormir. Or, Vadim avait eu d'autres plans pour eux lorsque la nuit était tombée. Suivi par une boule de Risen lumineux qui éclairait leur avancée, il avait préféré ne pas faire durer la surprise au risque de la voir faire demi-tour.
— Dans les Montagnes Boréales, existe un phénomène céleste à la fois surprenant et magnifique. Les anciens du village le nomment « les aurores fléchissantes ». Lorsque les aurores boréales font leur apparition dans le ciel, des boules de lumière s'en détachent pour descendre sur la terre. On ne voit ça que par ici. J'ai eu l'occasion de le voir une fois et je veux absolument que tu le vois aussi.
Dans son livre de contes, une histoire faisait mention de telles aurores, parlant d'une pluie de lumière tombant sur les montagnes. À cette idée, Jaya était plus impatiente que jamais à l'idée de voir ce spectacle si incroyable qu'il lui promettait.
Vadim et Jaya grimpèrent au sommet d'une plateforme surélevée d'où le spectacle serait le plus impressionnant. D'ici, ils surplombaient les pics glacés de la toundra et avaient une vue imprenable sur le ciel d'encre déjà parcouru de magnifiques lueurs. Du vert, du rose et du mauve ondulaient dans les nébuleuses, comme le voile languide d'une danseuse.
— Les habitants du hameau raconte une légende par rapport à ce phénomène. Ils disent que le Risen serait né de ces boules de lumière. L'une d'elle aurait touché le sol et libérée la magie qu'elle renfermait. Ils placent beaucoup de leurs croyances dans cet événement.
Soudain, il y eut un mouvement au-dessus d'eux. Vadim pointa immédiatement la voûte céleste du doigt.
— Regarde, ça commence.
Une première boule de lumière, éclatantes et chatoyantes, se détacha de l'aurore boréale et plongea vers la terre. Grosse comme une pomme, elle était d'un éclat aveuglant, émanant une lumière si intense qu'elle illumina le paysage et transforma une demi-seconde la nuit en jour.
Au moment le plus intense de leur manifestation, d'autres la suivirent, mouchetant cette nuit de la plus belle des façons. Chaque sphère de feu irisé était un spectacle en soi. Elles crépitaient et scintillaient comme des étoiles filantes, laissant derrière elles une traînée étincelante qui s'estompait lentement. En touchant le sol et la montagne, elles éclataient en une nuée d'étincelles, semblable à un feu d'artifice, avant de se dissiper complètement.
Les lèvres entrouvertes, Jaya ne pouvait détacher son regard émerveillé de ce superbe spectacle. De côté, Vadim savoura la vue de ses yeux aussi immenses et brillants que le ciel autour. Des mèches de ses cheveux se détachaient et dansaient dans la brise nocturne. Elles encadraient son visage avec une douceur sauvage, comme des ombres qui joueraient avec la lumière. Elle était là, debout, solide comme un roc, et pourtant aussi insaisissable qu'une comète traversant le firmament.
Son sourire était l'innocence et la beauté qui le rendait toujours plus amoureux d'elle à chaque seconde. Les aurores n'existaient déjà plus pour lui, tout comme les étoiles, car Jaya était une constellation à part entière, une énigme céleste qu'il avait le privilège d'admirer à nouveau chaque jour. Et il savait qu'il ne se lasserait jamais de ce spectacle, car elle était comme le ciel : une merveille sans fin.
— Attention, Vadim !
Le blond n'eut le temps de réagir qu'une boule descendit à une vitesse vertigineuse et frappa son visage avec une douce chaleur, illuminant ses traits de lumière. Il recula d'un pas, les yeux fermés, sous l'air inquiet de Jaya.
— Ça va ?
Il éclata de rire en balayant les résidus d'étoiles et de brume sur son visage. Heureusement, l'impact n'était pas douloureux. Devant son hilarité, Jaya ne put que le rejoindre, soulagée.
Avec tendresse, il avança ses mains vers elle, enveloppant lentement ses épaules de ses bras robustes. Jaya se détendit, son corps épousant le sien avec une aisance naturelle, sous mille feux.
❅
Après le spectacle des aurores, l'immensité du ciel nocturne commençait à être voilée par de sombres nuages. Vadim et Jaya étaient bien conscients du danger qui rôdait dans l'ombre. Les lycans étaient connus pour hanter ces montagnes une fois la nuit tombée.
À une petite distance, ils aperçurent l'entrée d'une caverne. Elle était discrète, presque cachée par un éboulis de rochers et une végétation dense. L'ouverture semblait se fondre dans le paysage, une faille sombre dans la roche face à laquelle le commun des mortels n'aurait pas osé s'aventurer. Mais pour les époux, bien trop loin du hameau, c'était un refuge bienvenu contre les dangers de la nuit.
Dans un tas de branches trouvé à proximité, Vadim fit naître une flamme du bout de ses doigts. La minuscule caverne se transforma soudainement en un cocon plus confortable. Les murs de roche, autrefois froids et austères, étaient maintenant baignés d'or, faisant ressortir les veines de cristal étincelants incrustés dans la pierre.
L'entrée de la caverne, éloignée et étroite, empêchait le vent glacial de pénétrer, gardant la chaleur du feu à l'intérieur.
Vadim retira sa cape de fourrure qu'il posa au sol, afin que Jaya s'y installe. Le crépitement des flammes et le doux grondement du vent à l'extérieur étaient les seuls sons qui rompaient le silence de la nuit.
— On va dormir ici ? lui demanda-t-elle.
— Je pense qu'on aura pas le choix. On rentrera au hameau demain matin, quand les conditions seront plus favorables.
Elle soupira.
— Ça me rappelle ces nuits où je dormais dans les grottes. C'était difficile de résister au froid.
À ces mots, Vadim arbora une moue espiègle.
— En effet, c'est difficile de résister... et je n'accepte toujours pas que tu aies pu me forcer ainsi à te résister, hier soir.
D'abord déconcertée par ces propos totalement hors sujet, Jaya finit par ricaner, mélodieuse et altière, tout en conservant une aura de malice.
— Tu sais que ça me donne envie de me venger ? continua-t-il.
— Ah oui, te venger ?
— Oui... et pas qu'un peu.
Sa voix portait un défi incontestable. Était-ce une provocation qu'il lui lançait ?
— Dans ce cas, montre-moi.
Le sourire de Vadim s'élargit encore plus, arborant des courbes légèrement perverses. Il retira son épais gilet et appuya son bassin contre la paroi rocheuse sans détacher ses yeux brûlants de cette fascinante créature qui captivait son regard.
— Tu sais ce que baiser signifie maintenant, n'est-ce pas ?
Jaya sourit à son tour.
— Oui, je sais ce que ça veut dire. Tu souhaites me baiser ? Pas d'amour, cette fois ? C'est ça, ta vengeance ?
Il émit un rire d'une séduction brute, à la fois rauque et envoûtant.
— Tu sais à quel point je te respecte, Jaya, mais oui... Ce soir, je te baiserai avec rien d'autre que de l'irrespect et je t'enjoins à te montrer docile.
Une émotion profonde et palpitante l'envahit. C'était au-delà de l'admiration, au-delà de l'attraction, c'était du désir à l'état le plus pur. Elle se redressa doucement et fit deux pas pour le rejoindre. Il la dominait, semblable à un lycan dévorant sa proie des yeux avant de la consommer. Il émanait de lui une puissance animale qui avait le talent de la mettre dans tous ses états.
Oui, avec lui, elle devenait une toute autre personne.
Face à lui, elle défit son manteau et le lança de côté, avant qu'il ne l'assiste pour enlever son tricot et dévoiler sa poitrine voluptueuse et dressée. Le froid la mordit immédiatement, faisant frissonner sa peau dénudée.
Mais bien moins lorsque Vadim y posa ses doigts glacés.
— Retire tout.
À peine avait-il prononcé ces mots que son pantalon de montagne fut ôté, la laissant entièrement nue, à sa totale merci.
— Tu acceptes donc d'être docile ?
— Oui... j'accepte.
— C'est bien ce que tu veux ?
Elle hocha la tête.
— Oui... Je veux que tu me baises. Que tu me brises. Sans retenue, et avec vulgarité.
Un frisson grisant parcourut Vadim. Il glissa ses doigts envieux dans sa nuque, qu'elle inclina légèrement en arrière. Il adorait lorsqu'elle laissait libre cours à ses pulsions de cette manière, sauvagement, à l'image de lui-même. Comme il l'avait façonnée. Elle n'avait pas peur de se risquer, et il trouvait cela exaltant et irrésistible.
Ses lèvres se posèrent sur celles tremblantes de Jaya sans l'embrasser. Leurs souffles chauds se mêlaient en un ballet endiablé.
— Dans ce cas... Mets-toi à genoux.
Jaya s'immergea dans la mer turquoise, une pointe de surprise rapidement effacée par le frisson d'envie que sa peau trahissait lorsqu'il lui susurra d'une voix rauque, chargée d'une autorité au goût de stupre :
— À genoux... et montre-moi à quel point tu l'aimes... à quel point tu la désires.
L'atmosphère était saturée d'électricité, d'une tension qui suscitait autant d'excitation que d'anticipation. Non, elle n'avait pas à hésiter... Elle en mourrait d'envie. L'envie de la goûter sur ses lèvres, sur sa langue, de la faire enfler sous l'amour qu'elle allait lui offrir. Sans retenue, sans pudicité, avec impureté.
Jaya s'agenouilla doucement devant lui, ses doigts traçant un chemin le long de son torse sculpté.
Son regard ne quittant jamais le sien, il défit son pantalon qui tomba rapidement à ses chevilles. Les cavalcades dans son bas ventre étaient insupportables, mais elle ne détourna pas les yeux de cette lance dressée en son honneur.
Elle y approcha ses lèvres, son souffle incandescent caressant l'extrémité de chair, et y déposa un baiser avec une dévotion qui fit frissonner le mage de la tête aux pieds.
Il se mordit la lèvre et relâcha un soupir de bien-être lorsqu'elle la saisit entièrement dans sa bouche.
Jaya lapa sur toute la longueur, remontant sans jamais détourner les yeux. Sa langue se promenait avec souplesse, lenteur, effleurant le fil de sensibilité du blond qui plongea dans un gémissement de plaisir exquis.
Chaque mouvement circulaire était un poème, chaque centimètre englouti une strophe qui chantait les louanges de leur passion. Elle goûtait à lui, s'imbibant de son essence, emportant avec elle sa saveur démoniaque.
Vadim perdit réellement pied lorsqu'il saisit son menton recouvert de salive dans sa main pour la guider alors qu'il ondulait doucement son bassin dans sa direction. Des gouttes perlaient sur ses seins. Audacieuse, charnelle, irrévérencieuse, elle taquinait, provoquait et enflammait les sens. Sa langue se transformait en un instrument de plaisir, et Jaya, telle une musicienne passionnée, composait une symphonie qui vibrait à travers chaque fibre de son être.
— Touche-toi, Jaya...
Leurs yeux se heurtèrent.
— Je veux que tu prennes du plaisir en même temps que moi.
Ces simples mots firent monter en elle une tempête qui ne demandait qu'à être apaisée. Ses doigts, posés sur la hanche de son mari, tremblèrent quand elle glissa sa main vers son propre corps, vers la zone où son désir était le plus vif.
Elle écarta un peu plus les genoux, déplaçant sa main avec la grâce d'une panthère vers son jardin secret. L'humidité y était intense, si bien que ses doigts en furent entièrement enveloppés lorsqu'elle se mit à explorer délicatement le centre de son plaisir pour amplifier les sensations.
Elle gémit contre la virilité, attirant l'admiration de Vadim pour ce somptueux spectacle.
— C'est ça, ma belle... Tu es tellement... magnifique. La beauté incarnée.
Jaya frémissait sous son propre contact, en proie à une terrible chair de poule. L'envie montait en elle avec une force telle que ses genoux vacillaient, fragiles comme des roseaux face au vent. Elle était à la fois l'architecte et la bénéficiaire de son propre plaisir, se laissant emporter par la vague déferlante de sensations jusqu'à s'échouer sur le rivage solide que représentait son époux.
Une chaleur étouffante dissipa le froid en elle, si forte qu'elle se mesurait à celle de Vadim, qui renversa la tête en arrière lorsqu'il atteignit les profondeurs veloutées de sa bouche. Il glissa une main dans sa chevelure d'ébène, ses doigts s'enfonçant avec délice dans les mèches épaisses.
Son gémissement bestial résonna dans la grotte.
Lorsqu'il se retira doucement, accordant à sa muse un moment pour prendre une bouffée d'oxygène, le fil de salive les reliant encore ensemble déclencha en lui une déroute sexuelle, hors de toute raison.
Il en voulait plus. Tellement plus désormais.
— Relève-toi, petite merveille...
Les yeux qu'elle posa sur lui étaient plus éblouissants encore que les aurores fléchissantes qu'ils avaient admirées plus tôt. Une fois sur ses jambes, il passa un pouce pour essuyer la salive sur ses lèvres gonflées et rouges, avant de l'embrasser fort. Très fort. Désespérément.
Il lui murmura alors à même la peau :
— Face au mur. Les mains devant toi.
C'était un ordre qu'elle ne pouvait contester. De toute façon, l'idée de résistance ne lui effleurait même pas l'esprit tant elle crevait d'envie d'être comblée après cette puissante mise en bouche.
Se tournant lentement dos à lui, Jaya monta la légère surélévation de roche et fit face au mur. Son ombre s'y peignait, impure et demandeuse. Elle y plaça ses paumes, tremblante en attendant la suite.
— Ouvre les cuisses.
Elle sentait sa présence imposante juste derrière elle, son corps massif si proche du sien qu'elle en haletait d'impatience. Elle percevait chaque relief musculaire de son torse contre son dos, chaque respiration qu'il prenait contre sa nuque. Ses pieds s'espacèrent selon son souhait, ses reins se cambrèrent légèrement.
— Plus large.
Elle déglutit avant de se soumettre. Il prenait son temps, caressait sa hanche, puis effleurait sa colonne vertébrale du bout des doigts, traçant chaque frisson qu'il provoquait. L'attente se transformait en un doux supplice. Fébrile, elle avait soif de lui, de son toucher, de son amour. Qu'il se décide à se perdre en elle, laisser le monde derrière eux et se noyer dans le plaisir que lui seul pouvait lui offrir.
— Attarde-toi un peu, Vadim, je t'en prie...
Sa voix n'était qu'un tremblement fragile. Il écrasa un sourire contre l'arrière de son crâne.
— C'est dur de résister, pas vrai ?
Le murmure de Vadim pénétra son oreille, résonna agréablement jusqu'à son échine.
— Tu as voulu que je résiste, hier soir. Ce soir, c'est toi qui va devoir résister... Résister à mes assauts... et je t'interdis de flancher.
Soudain, Jaya sentit une caresse à l'intérieur de sa cuisse. La hampe, dure et lourde, gravait les sentiers de la perversion le long de sa peau d'ivoire. Pile à la bonne hauteur. Elle frôla l'entrée de sa féminité, la pointe s'insinuant légèrement, avant de se retirer aussitôt. Les joues de Jaya devinrent rouges écarlates, elle se lamenta, puis hoqueta lorsqu'il la frappa doucement à cet endroit.
— Je t'interdis d'en perdre une seule goutte.
Un rebond dans le cœur. Un battement qui pulsait contre sa cage thoracique, un tambour qui battait le rythme de ce superbe sentiment : celui d'être vivante et désirée à nouveau.
— Tu la veux, Jaya ?
Elle frissonna, s'humecta les lèvres.
— Dis-le...
— Je... Je la veux.
— À quel endroit ?
Elle lui lança un regard langoureux, par-dessus son épaule.
— Où tu le désires.
Un sourire au coin des lèvres, il ne pouvait rêver meilleure réponse.
Les mains de Vadim s'accrochèrent à ses hanches, la surélevant un peu plus pour l'avoir parfaitement dans sa ligne de mire.
Puis s'aventura enfin dans ses prairies de chair.
Jaya exhala un gémissement délectable qui ondula en écho dans la grotte.
Elle était si mouillée pour lui, il s'y faufilait avec tant d'aisance que ça en était indécent. La brune se laissa envahir par les sensations qui déferlaient en elle. Chaque centimètre devenait le bonheur, bien davantage lorsqu'il couvrit son épaule de baisers sulfureux. Elle osa retirer une main du mur pour l'entortiller aux cheveux de Vadim, caressant sa tempe et son cou, mais celui-ci, sauvagement, la rabattit à sa place initiale en la recouvrant de la sienne. Il lui cala une claque sur la cuisse et un coup de rein plus âpre en punition.
Son cri le hérissa de plaisir.
Ça lui avait tant manqué.
— Ne bouge pas...
Un autre assaut, plus brutal encore, puis un autre et une salve s'ensuivit. Leur peau s'entrechoqua dans une symphonie charnelle. Elle acclama son mâle d'une voix suppliante, complètement déphasée par la montée incendiaire qui s'emparait de toute son être.
Mais c'était encore si peu.
Elle lui avait laissé champ libre à ses fantasmes, et il n'allait pas s'arrêter à cette unique brèche, bien que très accueillante. Il voulait pousser cette union à son paroxysme. Au summum de ce que le désir faisait de plus obscur.
Il s'arrêta brusquement, laissant une Jaya affaiblie contre le mur lorsqu'il la délesta.
Pantelante, elle le cherchait du regard, son corps demandait pourquoi et encore sans cesse. Ses genoux fléchirent légèrement, mais se redressèrent immédiatement lorsqu'elle sentit un doigt audacieux recueillir le nectar de son fruit défendu pour l'élever un peu plus haut.
La gorge sèche, elle déglutit une salive collante.
— Tu te souviens de ça ?
La voix séductrice de Vadim démolit les dernières barrières de protection autour de Jaya. Des souvenirs lointains d'un nouveau plaisir, expérimenté au Beffroi, lui revenaient lorsqu'il agaçait cet antre minuscule et timide.
— Comment oublier... murmura-t-elle.
Il sourit.
— La sodomie, ça ne s'oublie jamais.
L'index s'y invita, allongeant l'exploration jusqu'à la phalange, avant de décrire le mouvement chaud et languide d'un aller-retour. Jaya se mordit la lèvre inférieure, étouffant un râle.
Elle était toujours très propre et très serrée. Un véritable bonheur.
— Et je veillerai à ce que tu sois comblée à tous les étages.
Un instant, elle s'interrogea sur la signification de ces mots, mais fut rapidement ramenée à la réalité lorsque la virilité se fraya un nouveau chemin au cœur de son intimité. Un cri de surprise resta suspendu dans sa gorge.
Son doigt était toujours à l'intérieur.
Quelle sensation singulière que d'être ainsi envahie. Au travers de ses chairs malmenées, elle pouvait ressentir la fermeté de l'index se mouvoir de manière désordonnée. Pleine sous tous les aspects, elle laissa échapper un gémissement strident qui incita Vadim à esquisser un sourire contre la peau de son cou.
— Tu aimes ? Dis-moi que tu aimes, Jaya...
Un coup de hanches, il lui coupa le souffle.
— O-Oui... Oui... !
Oui, elle aimait ça, même si cette nouveauté embrouillait son esprit et déconstruisait ses pensées. En se séparant légèrement d'elle, il avait une vue splendide sur la chute de ses reins et tout ce qu'elle dévoilait de plus beau. Fou d'excitation, Vadim laissa échapper un peu de salive de ses lèvres qui atterrit entre ses deux monts de peau ; ce serait suffisant pour y introduire un deuxième.
Lorsque le majeur rejoignit l'index, Jaya se déchaina. Ses ongles se déchirèrent sur la pierre. Les doigts de son amant multipliaient les chassés ardents, s'écartant en ciseaux pour élargir le passage au centre, en harmonie avec la virilité palpitante qui la comblait inlassablement.
Sa voix s'érailla à force de clamer son amour pour lui, si bien qu'elle en réveillerait les loups aux aboies. Jaya était étourdie par l'effusion de plaisir et de douleur qu'il faisait naître en elle de manière addictive. Son corps était à bout de forces. Tellement épuisée qu'elle implora clémence.
— Vadim, s'il te plaît... c'est trop...
— Shhh... Tu vas tout prendre, mon amour, et bien. Et tu me remercieras pour chaque centimètre et chaque coup de rein que je te donnerai.
Et elle le remercia, mais à la fois le détesta lorsqu'il retira ses deux doigts de son entrée postérieure. Une seconde d'accalmie qui se brisa en éclats lorsqu'elle sentit quelque chose de bien plus grand et plus large prendre leur place.
— Ô seigneur !
La première intrusion fut douce-amère, un peu résistante, un mélange de douleur et de bonheur qui la fit grimacer et gémir d'une manière que Vadim chérissait plus que tout. Chaque poussée la rapprochait un peu plus de l'extase, chaque retrait alimentant l'anticipation du prochain.
Bientôt, la douleur céda la place à un plaisir surnaturel. Un plaisir qu'il parsema sur son bas ventre lorsqu'il posa sa main magique à cet endroit.
La pénétration immatérielle imprima dans son corps affaibli une onde intense qui la submergea jusqu'à la convulsion. Elle se laissa porter par les bourrasques de sensations, se perdant dans le rythme bestial que Vadim lui imposait. Ses gémissements se mêlaient à ceux de son mari, tissant une mélodie de passion à travers la caverne.
Jaya libéra le mur de l'étreinte de sa main pour enlacer tendrement les mèches rebelles à la nuque de son époux grognant contre son cou. Cette fois, il ne la repoussa pas, se contentant d'empoigner son sein bondissant sous la fougue, afin de bien la maintenir.
Loin de lui l'idée qu'elle s'effondre.
— Ahh, Vadim... Vadim... oui... oui...
Elle sentait l'orgasme poindre dans les méandres de ses entrailles mises à rude épreuve.
Et Vadim l'avait ressenti.
Elle s'était rigidifiée, le dos complètement arc-bouté contre son torse en sueur. Les notes de sa voix se faisaient plus aléatoires, plus discordantes, signe d'un immense chamboulement intérieur.
Il rappela ses étincelles de Risen, l'interrompant dans sa montée céleste.
Encore ?
Jaya émit un râle de frustration que Vadim exacerba en balançant de nouveau ses hanches, un poil plus fort.
— Demande...
Il écrasa un baiser sur sa joue chaude et humide de larmes.
— Demande ton orgasme, Jaya. Demande et je te le donnerai.
Sa langue esquissa délicatement le chemin de la perle saline qu'il savoura comme un breuvage précieux. Jaya tourna légèrement la tête vers lui pour fondre dans ses yeux. Les siens, deux saphirs enchâssés dans son visage d'albâtre, brillaient de langueur pour cet homme qui éveillait en elle la folie. Elle tenta de récupérer l'eau à la lisière de ses lèvres, mais la sensation d'engorgement intensifiée par un autre retour de lame, la fit échouer à atteindre sa bouche sur laquelle elle ne déposa qu'un souffle courbatu.
— S'il te plaît... Vadim...
Sa voix l'implorait d'en finir, de jouir pour elle, en elle, et qu'elle jouisse aussi. Profondément. Son corps tremblotant trépignait d'être submergé par les foudres du Risen.
C'était suffisant pour lui...
Pour qu'il la comble jusqu'à en mourir de plaisir.
Vadim dirigea sa main vers l'entrejambe épargnée de sa bien-aimée. Des caresses enflammèrent son humidité à mesure qu'il formait des petits cercles autour du bourgeon roi. Une étincelle y crépita, bleue comme le ciel d'été qui s'ouvrait dans son bas ventre.
Brisée en mille morceaux entre le mur et son mari, Jaya trembla puissamment, ses cuisses répercutant le séisme jusqu'à la pointe de ses pieds. Le chant final échappé de sa gorge éveilla les instincts primitifs de Vadim, qui la rejoignit dans cet extraordinaire flux de jouissance partagé.
Tous les muscles tendus, il posa une paume sur la paroi et le front sur l'épaule de Jaya alors que le spectre obscène du plaisir prenait lentement le large.
La descente après avoir tant plané était extrêmement difficile.
La princesse chercha à l'aveugle la mâchoire de son époux qu'elle cajola affectueusement. Lorsqu'il se retira enfin, elle hoqueta faiblement avant de se contracter.
Elle ne devait pas en perdre une goutte...
De nouveau face à face, Vadim ne put conserver sa façade autoritaire et dominante en contemplant la mine épuisée et prête à chavirer de sa douce moitié. Elle ressemblait à un petit animal blessé qui ne demandait qu'une main pour le consoler. S'avançant vers elle, il la saisit par les hanches et la rapprocha au plus près de lui, dans une étreinte réconfortante.
— Viens là, Mëyrtania... Viens te réchauffer.
Avec un sourire tendre, Jaya enroula ses bras autour de son cou alors qu'il la portait et l'embrassait de tout l'amour. Vadim tomba assis sur leurs vêtements éparpillés près du feu, sa femme sur ses cuisses, nichée contre son cœur qui battait uniquement pour elle. D'un geste protecteur, il saisit la cape de fourrure et les enveloppa tous deux dans son doux écrin.
Ainsi, ils avaient l'impression d'être les uniques êtres au monde. Que rien ni personne ne pourrait jamais les atteindre, ni troubler leur instant de paix.
Frottant son nez contre celui du blond, Jaya gloussa par dessus sa fatigue.
— Alors, la vengeance est finie ? Tu es satisfait ?
Il sourit bien davantage.
— Oui, ça suffit, maintenant. On est quittes.
Son hilarité ne fit qu'augmenter et ravit les oreilles du prince déchu.
— Dis, tu m'apprendras la pénétration immatérielle ?
Ses yeux étincelaient, attendant impatiemment sa réponse. Sur ce point précis, il ne pouvait que consentir si elle envisageait d'y associer sa présence. Ce serait ainsi joindre l'utile au délicieusement agréable.
— Avec grand plaisir, Mëyrtania.
Ils échangèrent un baiser, lovés au cœur de leurs maigres couvertures. Si peu face à la froideur implacable des montagnes, mais largement suffisantes pour leurs corps encore chauds l'un de l'autre.
Et quelle merveilleuse façon de se réchauffer dans une caverne alors que la neige murmurait son chant hivernal à l'extérieur.
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