La Rage d'une Géante 3/4
Parmi le feu et la peur à Alhora, Symphorore venait de mettre pied dans la ville qui l'avait vue naître. Y revenir après tous ces mois était comme fouler une terre sacrée et mystique, mais terrifiante dans cette ambiance de chaos. Elle était accompagnée par Hami et Amaros. Leur présence la rassurait, car ses jambes tremblaient de peur face au corps géant de Jaya, se découpant à l'horizon. Le ciel rougeoyant, éclairé par les flammes dévorantes, jetait une lumière sinistre sur les visages de ses compagnons, déterminés mais marqués par l'inquiétude.
— Qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda la chasseresse.
— On devrait d'abord s'occuper des gens blessés, proposa Hami. Je pourrais les soigner.
— Tu crois que ça ne va pas rajouter encore plus de problèmes ? dit Amaros, à son tour.
La jolie brune secoua la tête.
— Ils n'auront pas le choix. Au point où Alhora en est, je refuse de laisser encore plus de gens mourir. Si on peut se rendre utile pour quelque chose dans cette situation, c'est bien ça.
Hami était courageuse, il n'y avait pas à dire, pensa Symphorore. Elle était admirative de l'éclat de détermination dans ses yeux.
— Elle a raison. Je n'ai rien pu faire pour sauver mon frère ou empêcher Jaya de se transformer... je... Alhora est ma terre, je connais la plupart de ces personnes. Je les aiderais.
Hami lui offrit un sourire satisfait. Amaros soupira, il savait inutile de contredire cette petite tête brûlée.
— Bon, eh ben... Allons-y, les filles, je vous suis. Allons jouer les héros.
Ils se mirent d'accord. Symphorore, Amaros et Hami se lancèrent alors dans les ruelles saccagées d'Alhora, le cœur battant à l'unisson face au désastre qui se dévoilait sous leurs yeux.
Sur son chemin, Amaros, bravant la peur d'être découvert par les fidèles d'Ymos, fit appel à son Risen. D'un geste, il déploya une force magique d'un bleu luminescent, empêchant un toit de s'effondrer sur un couple terrifié. La surprise et la peur se peignirent sur leurs visages en voyant cette masse de magie bleue flotter au-dessus de leurs têtes.
— Risenien ! C'est un Risenien !
L'homme avait hurlé ces mots, avant de prendre sa femme et de fuir sous les yeux plissés d'amertume du jeune mage. Dans leur bouche, ce nom avait le goût d'une insulte qu'il ne supportait pas. Mais, heureusement, ces deux-là purent repartir sains et saufs... sans même un merci, néanmoins. Il ignorait seulement si lui, ainsi que ses compagnons, auraient cette chance maintenant qu'ils étaient à découvert.
Loin devant Amaros, Symphorore et Hami s'étaient affairées à soigner quelques personnes, malgré la réticence de certains croyants à accepter leur aide. Leur conviction était ferme : il était impensable de laisser quiconque succomber à ses blessures, même si cela se révélait très difficile. Hami, avec sa magie guérisseuse, opérait des miracles sous leurs yeux, tissant des fils de lumière autour des plaies et des corps meurtris.
Soudain, parmi le tumulte, un appel au secours particulièrement déchirant perça le vacarme. Symphorore, guidée par l'urgence de ce cri, tourna son regard vers une femme blessée debout à la porte d'une maison engloutie par les flammes. Entre les larmes et les sanglots, elle criait :
— Mon fils ! Oh non !
C'était une urgence. Et le sang de Symphorore ne fit qu'un tour.
— Je dois y aller !
— Symphorore, non ! tenta de l'arrêter Hami. C'est trop dangereux, le feu a déjà pris le toit. Ce n'est qu'une question de temps avant que ça ne s'effondre ! Tu n'as pas de magie pour te protéger !
— Tu as une meilleure idée ?
— Je t'en prie... Il n'y a que nous. On ne peut pas sauver tout le monde, malheureusement.
— Non... je le sais... mais il faut tenter. J'ai pas pu sauver mon frère, je ne veux pas refaire la même erreur avec quelqu'un qui mérite de vivre.
Hami fut envahie par une profonde tristesse face aux mots de Symphorore. Elle avait su toucher son cœur, lui faisant ressentir le poids immense de la perte et de la culpabilité.
— Je vais y aller, moi, alors.
— Non, Hami !
Elle lui saisit brusquement la main. La chaleur de celle-ci, chauffée par sa magie, était un réconfort dans ce froid.
— Pas toi... c'est... c'est à moi de le faire, j'y tiens. Je n'ai pas peur, car... je sais qui est derrière moi pour me soutenir et me soigner.
En réalité, Symphorore ignorait si elle allait vivre ou mourir dans cette maison. Mais ça valait le coup d'essayer. À sa place, Tiordan aurait tenté, elle le savait. Il aurait tout fait. Comme il avait tenté de sauver Jaya...
C'était peut-être osé, mais dans cet intense moment, Symphorore était rongée par l'envie. Savoir le goût des lèvres d'Hami, au cas où elle ne ressortirait pas vivante de cette épreuve.
Il fallait oser, lorsque les sentiments devenaient trop dévorants.
Rassemblant tout son courage, elle franchit le pas et vola un baiser à Hami, ignorant totalement si le destin leur accorderait un demain. La guérisseuse, surprise, resta immobile, ne répondant pas. Ce fut un baiser tendre, fugace mais empreint d'une douceur inattendue. Un magnifique battement de cœur qui battait de l'aile.
Se séparant finalement d'elle à contrecœur, Symphorore s'éloigna sans plus de cérémonie. Hami la regarda partir, bouleversée et inquiète.
Pénétrant dans la maison en proie aux flammes, Symphorore chercha l'enfant. Autour d'elle, le bois craquait et gémissait sous l'assaut impitoyable de la chaleur. Chaque grincement menaçait de précipiter l'édifice dans un effondrement fatal. La ville, déjà meurtrie par les combats, voyait nombre de ses demeures ravagées par les flèches enflammées des soldats, renvoyées par l'influence de Jaya ou de la seconde géante. Symphorore savait qu'elle devait agir rapidement pour sauver l'enfant avant qu'une tragédie ne se noue sous ses yeux.
Alors qu'elle avançait dans les ruines du salon, un faible toussotement parvint à ses oreilles, tranchant à travers le crépitement du brasier.
— Eh ! Y a quelqu'un ? Petit ?
Elle suivit le son, le cœur battant.
— Je suis là pour t'aider, n'aie pas peur, criait-elle, espérant que sa voix serait un phare pour l'âme égarée.
Découvrant l'enfant recroquevillé près des vestiges d'un divan, une frêle silhouette d'à peine cinq ans, pleurant et au bord de l'évanouissement, Symphorore n'hésita pas un instant. Elle le saisit fermement, enveloppant de son corps celui du petit pour le protéger des flammes voraces et des fumées toxiques.
— Ça va aller, je vais te sortir d'ici.
Elle se dirigea ensuite vers la sortie.
La chaleur était si étouffante que chaque respiration la rapprochait de l'asphyxie. Soudain, un tas de bois enflammé s'effondra devant elle, barrant leur chemin et jetant une lueur rougeoyante sur leur visage tendu par l'effort. Symphorore comprit alors que le temps leur était compté. Elle évalua rapidement les alternatives, cherchant un chemin à travers les flammes.
La porte s'offrait à eux, grande ouverte.
Symphorore, le cœur battant à tout rompre, rassembla tout son courage et se lança dans une course effrénée vers la sortie, l'enfant serré contre elle. Mais alors qu'elle approchait de la liberté, un craquement violent retentit au-dessus d'eux. Dans un réflexe désespéré, elle propulsa l'enfant vers l'avant.
L'enfant roula sur le sol et s'immobilisa miraculeusement sur le seuil, à l'extérieur, sain et sauf. Sa mère, les yeux emplis de larmes, s'empressa de le prendre dans ses bras.
Hami, ayant assisté à la scène depuis l'extérieur, sentit un frisson lui parcourir l'échine. Les secondes s'étiraient, martelant le message cruel que peut-être, Symphorore ne reviendrait pas.
Allongée sur le sol recouvert de braises, Symphorore réalisait douloureusement que la porte, désormais inaccessible, venait de sceller son destin. La fumée épaisse remplissait ses poumons. Était-ce la fin ? Ses pensées, étonnamment apaisées dans le tumulte, se tournèrent vers ceux qu'elle aimait. Elle se voyait déjà rejoindre son cher frère et leurs parents dans l'au-delà. Elle pourrait enfin les serrer très fort dans ses bras et leur dire à quel point elle les aimait...
Elle eut un pincement au cœur en repensant à Hami, à ce baiser volé, un geste de courage face à la peur du rejet, un aveu silencieux d'un amour à peine confessé. Elle sourit faiblement à cette pensée, se raccrochant à ce souvenir lumineux dans l'obscurité qui prenait place. Elle espérait de tout cœur qu'Hami ne soit pas triste, qu'elle trouve la force de continuer, de vivre pleinement, malgré l'absence.
Symphorore pensa aussi à Amaros, son insupportable compagnon d'armes et d'aventures qu'elle aimait pourtant beaucoup. Elle désirait qu'il veille sur Hami, mais aussi sur Jaya et son mari. Elle leur souhaitait de trouver la paix, de bâtir un avenir où le souvenir de leur vieille amie Symphorore serait une source d'inspiration plutôt qu'une plaie ouverte.
Oui, ce serait parfait...
Dans l'embrasement, elle se sentait étrangement apaisée par ces dernières pensées. Elle ferma les yeux, se préparant à accepter l'inévitable, lorsque tout à coup, une lueur bleue se glissa sous ses paupières.
Des poutres enflammées se soulevèrent soudain, comme si une main invisible les écartait avec une force surnaturelle. À travers le voile de fumée qui obscurcissait sa vision, Symphorore perçut une silhouette.
Amaros ?
Oui, il se tenait là, baigné dans la lumière azurée de son Risen.
— Tiens bon, couette-couette ! Je vais te sortir de là ! Hors de question que tu nous claques entre les doigts. Tu as encore un succès à accomplir !
À cet instant, jamais elle n'avait été aussi heureuse de voir Amaros. Si reconnaissante. Il était présent et avec lui, l'espoir renaissait.
Alors, Symphorore se laissa porter et emmener hors de la maison.
En vie.
❅
Derrière le mur de moitié brisé, Jaya et Chrysiridia se livraient à un combat sans merci. La géante mère tentait de contenir l'ardeur de sa fille, dont la confusion brisait chaque effort de paix. Vadim, spectateur lointain de ce drame familial, sentait son cœur battre à l'unisson avec les échos de leur affrontement. Debout sur un tas de débris, ses yeux perforaient l'horizon sanglant.
Malgré la mise en garde de Chrysiridia, son âme ne pouvait se résoudre à rester immobile. Ce combat ne menait à rien hormis blesser sa femme. Ces satanés ymosiens qui couraient partout étaient le cadet de ses soucis. Seule Jaya comptait, plus que tout, plus que jamais.
Poussé par un élan qui transcendait la raison, il savait qu'il devait intervenir. Peut-être que, dans un éclat de lucidité, Jaya pourrait le reconnaître.
La reine disait qu'elle en était peut-être capable.
Avec cet espoir bien ancrée dans ses pas, Vadim s'élança dans la mêlée, porté par la conviction qu'au-delà du conflit, se trouvait la clé.
Le seul problème était : comment atteindre ces titans de trente mètres ?
Vadim savait qu'il n'avait qu'un seul moyen de monter rapidement à leur hauteur. Il n'avait pas utiliser cette magie depuis ce triste jour à Cassandore, mais ici, il n'avait plus le choix. Voir ces soldats attaquer sa précieuse épouse était de trop pour lui. Elle avait bien assez souffert ! La rage montait en lui à tel point qu'il leur aurait arracher les mains à vif pour que plus jamais ils n'osent s'en prendre à elle.
Un pas ; une lumière bleue aveuglante émana de lui.
Deux pas ; elle se matérialisa sous formes d'ailes de Risen, s'élevant majestueusement dans son dos.
Trois pas ; il les battit et décolla du sol devant la terreur villageoise.
Les Élytres de la Colère.
Vadim gravissait maintenant les airs, porté par l'éclatante magie qu'il avait juré de ne plus jamais utiliser. Mais pouvait-il vraiment rester à l'écart quand tout ce qu'il aimait était sur le point de se détruire ? Il se rapprochait, le vent hiémal sifflant à ses oreilles, le palpitant battant à la folie.
Agile, il virevolta autour de la tête de Jaya, un papillon audacieux cherchant à captiver le regard d'une déesse. Le cri perçant de Chrysiridia éclata, visant à ébranler sa détermination et le faire fuir. Ce garçon était fou ! Dans son état, Jaya pourrait le méprendre avec une menace et le tuer !
Or, loin de lui l'idée d'abandonner. Il se glissa devant le gigantesque visage d'os de la princesse, leurs yeux se verrouillant dans un moment suspendu.
— Jaya, arrête ! clama-t-il, de tout son être.
C'était risqué, mais dans ce regard, il déposa un message silencieux, un appel à la raison, espérant toucher l'âme de glace de celle qu'il connaissait par cœur et qu'il aimait plus que sa propre vie.
— Jaya... S'il te plaît...
Elle pourrait le briser d'un seul coup, ou même le dévorer...
Mais elle se contenta de pousser un grognement triste.
Si triste qu'il ressemblait au chant de la mer en hiver.
Il savait qu'elle souffrait le martyre et cela le faisait souffrir en retour. Il aurait tout donné pour que cela cesse. Quelle redevienne cette fille si belle, rieuse, espiègle, intéressante, insupportable, mais pourtant si superbe. Il aurait pris sa douleur pour lui jusqu'à s'en ouvrir les veines, s'il était certain de l'apaiser.
Soudain, Jaya approcha sa main squelettique vers lui.
Il la fixa, sans démordre de son courage et de son amour. Il avait confiance en elle. Il savait qu'elle l'avait reconnu.
Les doigts d'os gelés l'entourèrent au corps et le rapprochèrent du visage de la géante. Le choc de deux êtres diamétralement opposés, mais pourtant si proches. Plus moyen pour lui de s'échapper. Ses immenses biles de lumière bleue le regardaient avec insistance, si minuscule à côté d'elle.
— Mëyrtania...
Elle gargouilla à nouveau, gorgée de chagrin, et pencha la tête sur le côté.
— Qu'est-ce que la peine et la rage ont fait de toi, ma belle...
Sans peur, Vadim approcha sa main du visage de Jaya, la douceur de son geste contrastant avec la tension de l'air. Avec tendresse, il posa sa paume sur la surface glacée de l'espace entre ses deux yeux, là où le cœur se voyait et se sentait plus que partout ailleurs, à cet instant. La géante s'abaissa sur lui et son réconfort, celui qu'il ne se lasserait jamais de lui donner.
Il espérait tant la soulager, elle qui l'avait apaisé, ce jour-là, de sa main... Près du mausolée, lorsque la statue d'Ymos avait rejoint la mer. Jamais il n'avait oublié. Ni ses mots, ni ses yeux...
Une larme lui échappa malgré lui, traçant un sillon sur sa joue.
— Ça va aller, mon amour... Je suis là...
Or, cette trêve fut brutalement interrompue lorsque des flèches enflammées jaillirent à nouveau dans le ciel. Plusieurs d'entre elles atteignirent Jaya et Chrysiridia, qui se tenait en retrait. L'une d'elles perça l'os de la côte de Jaya, provoquant chez elle un cri de douleur aigu. Elle relâcha alors Vadim, qui, pris au dépourvu, ne put déployer ses ailes à temps et entama une chute vertigineuse. Il s'écrasa avec violence sur le toit d'une maison, dévalant la pente avant de s'arrêter net contre une cheminée.
Le guerrier grogna de douleur.
Les soldats d'Alhora ne cessèrent de décocher leurs flèches en direction de Jaya, intensifiant leur assaut. Dans une tentative désespérée de les repousser, Chrysiridia invoqua des serpents de glace, les projetant vers les assaillants pour les faire chuter. Cependant, parmi eux, un archer particulièrement adroit continuait de fixer son regard sur la princesse. D'un mouvement rapide et précis, il libéra un projectile qui fendit l'air avant de se loger directement dans son cœur.
Son cœur.
Si fragile.
Qui se fissura lentement, virant du bleu au rouge sang.
Le cri de Jaya, d'une intensité surhumaine, résonna avec une telle force qu'il fit vibrer les sapins environnants et ébranla les montagnes elles-mêmes. Chrysiridia, saisie d'effroi par la lumière écarlate émanant du cœur de sa fille, poussa un rugissement d'horreur. Ce cœur, inondé de lumière divine, éclata dans une explosion fulgurante au sein de sa poitrine.
L'onde de choc qui en résultait balaya tout sur son passage, déchaînant une puissance hors du commun. Même à distance, Vadim fut contraint de s'agripper fermement à la cheminée pour ne pas être emporté par cette force dévastatrice.
Alors que la poussière de particules magiques retombait, un éclat éblouissant perça le tourbillon de glace.
Dans l'épais voile de poudreuse, Vadim leva les yeux, confronté à une vision terrifiante. Il n'y avait plus qu'une seule géante. Mais où était passée Jaya ? Une peur indicible le submergea. Alors qu'il se redressait sur le toit, son regard fut capté par la chute libre d'un corps frêle.
— Jaya ! Non !
Oui, c'était bien Jaya, sous sa forme humaine. Elle tombait !
Vadim s'élança dans les airs à une vitesse fulgurante, bravant les morsures glaciales du vent, car seule comptait l'urgence de sauver sa femme. Par chance, il parvient à la saisir en plein vol et la serrer à son torse, l'arrachant ainsi à la gravité mortelle qui la tirait vers le sol d'Alhora.
À distance, Chrysiridia observa la silhouette de Vadim s'éloigner et, mue par la peur indicible, décida de le suivre.
Lorsqu'ils furent suffisamment loin de tout danger, Vadim atterrit et déposa délicatement Jaya sur le sol pour l'examiner avec plus d'attention. Elle était entièrement nue, et une étrange cicatrice en forme d'étoile ornait sa poitrine, juste au niveau de son cœur. Sa peau était froide, ses lèvres bleues, sa pâleur inhabituelle... Elle semblait si vulnérable, bien plus que Vadim ne l'avait jamais vue.
— Jaya ? Jaya !? Réveille-toi, je t'en prie ! Jaya !?
Sa voix était celle d'un animal blessé. Dans un élan de désespoir, Vadim l'a prit dans ses bras et tenta de la secouer, l'appeler encore et encore par son nom, l'entourer dans sa cape pour la réchauffer, mais rien n'y faisait : elle ne montrait aucun signe de vie. Sa tête basculait lentement en arrière, sans vigueur, posée sur le bras de son époux. Ses cheveux blancs se fondaient dans la neige.
La panique monta en lui et attisa les tremblements sur ses gestes.
— Non... non... c'est pas vrai... Ne me fais pas ça, Jaya, je t'en supplie...
C'est alors qu'il fut confronté à une réalité terrifiante, palpant vainement son cou à la recherche d'un pouls qui n'existait déjà plus.
— Par pitié, non...
Jaya ne respirait plus.
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