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La Froideur des Vérités 4/8

Jaya se réveilla aux premières lueurs de l'aube, déterminée à quitter la caverne. La sauge bleue qu'elle avait appliquée sur son épaule avait partiellement atténué la douleur, ce qui lui permettait de bouger un peu plus facilement. Liloïa avait été la première à sortir de la grotte et à bondir dans la neige, laissant ses pattes disparaître dans l'épaisse couche d'eau cristallisée. Elle semblait s'amuser comme une enfant, loin du tourment de sa maîtresse. Jaya leva les yeux vers les sommets et sentit un frisson la parcourir.

Les montagnes s'étendaient à perte de vue sans aucune fin. Elle savait qu'en suivant cette direction, elle arriverait à l'orée de la Forêt des Murmures, un lieu maudit qui entourait toute la partie supérieure du glacier jusqu'à Alhora. Cette pensée la fit déglutir et elle se demanda si elle était prête à affronter les dangers qui l'attendaient, là-bas.

Vadim aurait-il pu aller aussi loin ? Peut-être... jusque derrière les Montagnes Boréales ?

Si elle restait sur les flancs inhospitaliers, elle ne risquait pas de croiser les troupes de Leftheris ou de son père. Elle avait l'espoir qu'ils penseraient qu'elle préférait continuer tout droit sur la voie la plus ouverte et sécuritaire, creusée par les années de passage. Ce n'était peut-être pas la meilleure idée, mais dans sa situation, elle devait se fier à ses intuitions. Chaque décision prise dans cet environnement défavorable pouvait être la différence entre la vie et la mort.

Le vent glacé qui mordit sa peau la ramena soudain à la réalité ; elle resserra son manteau autour d'elle pour se protéger du froid. Son sac autour d'elle et l'arbalète dans le dos, elle interrompit le jeu de sa dragonne pour monter sur son dos.

— Allez, ma belle, on continue vers les hauteurs.

Le cœur plein de courage malgré la douleur, la fatigue et le froid, Jaya repartit au galop avec Liloïa. Des heures passèrent dans le paysage blanc des montagnes, scintillant à mesure que le soleil se levait et traversait les nuages. À la fois majestueux et fascinants, les pics des montagnes, escarpés et effilés, coulaient sur des falaises abruptes qui descendaient vers la vallée minière en contrebas, là où siégeait le duché d'Eldemir.

Les sapins et les conifères se dressaient dans les flancs enneigés, offrant un contraste de couleur avec le blanc pur et éclatant. Jaya croisa des rivières gelées serpentant à travers les creux de la terre, créant des motifs complexes et brillants dans les rayons du jour. Jaya avait concédé à s'arrêter un instant pour permettre à sa dragonne de se reposer. Celle-ci n'avait pas attendu pour se rendre vers le cours d'eau endurci par le froid. D'un coup de patte, elle le brisa et s'y baigna en gazouillant gaiement.

Jaya trouva la force de sourire un peu. Elle avait du mal à imaginer comment la néréide pouvait supporter de rester aussi longtemps dans un tel environnement. Les écailles irisées de Liloïa semblaient être la seule chose qui la protégeait de la glace qui commençait à la recouvrir. En la caressant, Jaya sentit à travers ses gants des cristaux se former sur le corps humide de Liloïa. Elle savait que si elle restait là plus longtemps, elle finirait par geler sur place. Elle ignorait même si cette espèce de dragon pouvait survivre dans un climat si hostile. Cette pensée sombre la fit frissonner et elle décida qu'il était temps de repartir.

La nuit tomba rapidement et avec elle, l'indomptable fatigue. Dans ce décor qui ne changeait jamais, Jaya aurait aimé trouver une caverne où elle pourrait faire un feu et se reposer, mais dans la faible lumière des barbillons, elle ne trouva aucun abri. Tout était si semblable, si froid et inquiétant, maintenant que le jour avait sombré derrière la montagne.

Or, un bruit étrange traversa le cocon de sapins.

S'arrêtant un instant, Jaya tendit l'oreille, ne respirant qu'à peine. Plus rien. Or, cela suffit à la mettre en alerte. L'alhorienne savait que dans ces hautes forêts, la nuit était l'heure où les prédateurs sortaient chasser, il ne fallait jamais baisser sa garde. Elle se retourna lentement, scrutant les environs pour essayer de repérer l'origine du bruit. Une inquiétude sourde lui noua la gorge.

— Partons d'ici, Liloïa...

Or, la néréide ne bougea pas. À l'arrêt, elle fixait un point invisible face à elle. Un grognement remonta dans sa gorge et ses barbillons crépitaient, signe qu'elle ressentait un danger imminent.

— Liloïa ?

Le grognement augmenta quand un bruissement de feuilles survint et secoua Jaya de l'intérieur. Son cœur commença à battre la chamade. Quelque chose rôdait autour d'elle, elle pouvait entendre des pas légers crisser dans la neige. La brune sauta rapidement du dos de la dragonne et arma son arbalète, les mains tremblantes. Ses yeux allaient partout sans savoir où se poser. Si une créature l'attaquait, elle était prête à se battre jusqu'au bout pour protéger sa vie.

Un second grognement se superposa à celui de Liloïa.

Jaya comprit alors qu'il s'agissait d'une bête. Mais pas qu'une. Plusieurs.

Une patte ornée de griffes acérées sortit d'un grand buisson, prête à déchiqueter tout ce qui se mettrait en travers de son chemin. Des yeux rouges s'allumèrent dans la pénombre violacée. Une paire, deux paires...

Trois paires.

Une gueule remplie de dents pointues s'extirpa des fourrées et, étranglée de terreur, Jaya reconnut ce parfum de mort émanant de ces choses horribles. Elle en avait déjà croisé, la première fois où elle avait fui dans la Forêt des Murmures...

Des lycans.

Un corps décharné portant une énorme tête avança lentement vers Jaya, qui recula pas à pas. Si Vadim l'avait sauvée lors de sa première rencontre avec ces créatures, cette fois-ci, c'était différent. Elle était seule face à trois de ces bêtes et ne pouvait compter que sur son arbalète, l'aide de Liloïa et la force de ses jambes. Le froid mordant ne faisait qu'ajouter à son stress, faisant frissonner son corps alors qu'elle se préparait à tirer.

Un battement de cœur ; un simple battement de cœur suffit à activer l'instinct de prédateur des lycans. Dans un grondement lupin, le premier chargea agressivement.

Jaya le visa, mais avant qu'elle ne puisse tirer, un éclair blanc jaillit de la noirceur et se jeta sur l'animal assoiffé de sang. Liloïa avait décidé de se battre sans attendre et se mit à mordre et griffer l'ennemi avec une fureur indomptable. Face à ce déferlement de rage, les deux autres lycans suivirent leur alpha et attaquèrent. Reculant de plusieurs pas en arrière, Jaya cessa de respirer pour se concentrer au mieux sur son tir qui, sifflant dans le vent polaire, heurta l'une des deux créatures en plein cœur. Elle couina de douleur et tomba lourdement au sol, immobile.

Le troisième la guettait en chien de faïence, la salive débordant de ses crocs scintillants. Il était bien plus gros, plus impressionnant que le précédent et semblait déterminé à ne pas la laisser s'en sortir vivante. L'odeur de sa peau et de sa peur lui donnait l'eau à la bouche.

Un grognement sourd déclencha la folie bestiale. Jaya fut prise de court par la vitesse et l'agressivité de l'animal, et recula instinctivement pour prendre plus de distance de tir. Mais dans cette tension extrême, elle ne remarqua pas immédiatement le creux sous la neige qui accueillit son pied. Elle perdit l'équilibre et tomba lourdement en arrière, les fesses au sol. L'arbalète qu'elle tenait dans les mains tomba près d'elle, hors de portée.

Son cœur battait si fort qu'il résonnait dans ses oreilles. Elle pivota brusquement pour récupérer son arme, mais celle-ci lui échappa quand elle fut rapidement tirée hors de sa portée. Le lycan la tirait vers sa mort imminente, ses dents enserrées dans son pantalon. Malgré tout, Jaya refusait de se laisser dévorer sans combattre. Dans un cri de rage, elle se débattit et frappa violemment le museau de la bête acharnée d'un coup de botte. La bête couina et lâcha prise, offrant à Jaya un bref moment de répit. Profitant de cette opportunité, elle rampa rapidement dans la neige, à deux doigts de l'évanouissement, pour atteindre son arbalète.

Mais elle poussa un râle de douleur quand l'énorme patte la retint en écrasant sa cheville. La bête la surplombait, les gouttes de salive chutaient sur son manteau comme une pluie de malheur. Les yeux rougeoyants de la créature fixaient sa proie, les traits de son visage, recouvert de peau grisâtre dépourvue de poils, distordus par la rage.

Son bras tiré au maximum, un souffle se coinça dans sa gorge brûlée. Les mâchoires s'ouvrirent, empestant l'odeur cadavérique des charognards. Elle était prise au piège.

Ses doigts frôlèrent le manche de bois.

Elle l'attrapa fermement.

In extremis, Jaya ferma les yeux et tira à l'aveugle. Le hurlement terrifiant du lycan fit vibrer son âme et, lorsqu'elle sentit la pression à sa jambe se retirer, elle osa ouvrir les paupières. La flèche était plantée dans le globe oculaire du prédateur. La créature se tordit au-dessus d'elle et Jaya en profita pour lui asséner un nouveau coup de pied afin de s'en défaire définitivement.

De l'autre côté du champ de bataille, Liloïa luttait pour garder le dessus sur son assaillant. La dragonne gronda, essayant de se libérer de l'emprise de la bête qui la mordait cruellement à la patte. Elle frappa la tête de son adversaire à coups de griffes dans le crâne, faisant reculer le lycan, mais seulement pour un instant. Jaya observait, le cœur battant la chamade, alors que Liloïa était touchée au flanc par les serres aiguisées de l'ennemi. La pauvre néréide hurla de douleur et chuta sur le côté, à bout de forces.

L'esprit de Jaya se cala immédiatement sur la scène, sur le sang qui coulait des plaies de sa compagne. D'un nouveau revers et ce loup géant la tuerait.

Dans un geste désespéré, Jaya se releva et se précipita entre Liloïa et le lycan. Elle plaqua une main devant elle, le Risen écouta sa demande viscérale pour invoquer une onde bleutée qui enveloppa tout le bois, illuminant la zone d'une lumière éblouissante. La gigantesque créature fut expulsée, projetée en arrière par la puissance de la magie.

Les deux animaux encore en vie prirent peur devant cette aveuglante explosion de magie et s'enfuirent en courant, puisant dans leurs dernières forces.

La lumière s'éteignît doucement, évanescente, laissant l'obscurité reprendre sa place. Les particules de Risen volant autour de Jaya s'émiettèrent et tombèrent dans la neige en même temps que leur invocatrice.

À genoux, les mains à plat dans la poudreuse, Jaya haletait, encore secouée par les événements qui venaient de se produire. L'air froid qui pénétrait dans ses poumons n'était d'aucun réconfort et semblait l'étouffer encore plus. Épuisée, prise de vertiges, sa vue se troublait.

C'était fini. Les lycans étaient partis.

Un triste râle de gorge attira son attention derrière elle. Liloïa tentait de se relever, mais retombait aussitôt, piquée d'une vive douleur. Inquiète, Jaya rampa à son chevet.

— Tout doux, ma belle... Ne bouge pas.

Ses doigts glissèrent sur les trois larges entailles qui coupaient la chair tendre du flanc de sa dragonne. Du sang liquide comme de l'eau en coulait. La jeune femme paniqua, les larmes aux yeux.

— Ça va aller, Liloïa, je vais te soigner tout ça, je te promets. Viens, essaye de te lever.

Jaya récupéra rapidement son arbalète avant de tirer doucement la néréide par la crête, afin qu'elle puisse se remettre sur ses pattes tremblantes.

— Je ne t'abandonnerai pas, ma belle, courage.

Soudain, dans la lueur blafarde de ses barbillons, Jaya aperçut un flanc rocheux caché derrière la végétation, à quelques mètres d'elle. Elle soutint sa partenaire du mieux qu'elle le put, l'entraînant vers l'endroit en espérant y trouver un abri. Sa prière fut exaucée quand elle découvrit un renfoncement dans la roche, une sorte de fente ouverte sur le dessus, mais où la neige ne tombait pas grâce à l'amoncellement d'arbres qui la surplombait. C'était suffisant pour cette nuit, un abri temporaire où elles pourraient se reposer et récupérer de leurs blessures.

Jaya alluma un feu et fit allonger Liloïa tout près, afin que la chaleur fasse fondre les cristaux de glace qui durcissaient son corps courbaturé. Elle fouilla dans son sac et trouva un reste de sauge bleue, qu'elle espérait suffisant pour aider sa partenaire à cicatriser plus rapidement. Quand elle retourna à son chevet, Liloïa léchait ses plaies, ce qui inquiéta Jaya.

— Ne fais pas ça, s'il te plaît... dit-elle doucement.

Elle s'approcha de la dragonne, mais celle-ci grogna légèrement. Jaya ne recula pas, sachant que la douleur et la peur étaient les seules raisons de cette réaction.

— Calme-toi, ma belle, je veux juste te soigner. La sauge bleue apaisera tes douleurs et t'aidera à guérir, fais-moi confiance.

Un peu réticente, la dragonne se laissa toucher par la voix douce de Jaya. La brune lui sourit, rassurée qu'elle accepte son aide. Elle prit la tige de sauge bleue et la brisa en deux, faisant couler délicatement le liquide sur les blessures à vif. La dragonne secoua vigoureusement la tête après avoir senti l'odeur infâme de la sauge, intriguée par ce parfum nouveau. Jaya sourit doucement, sachant que cela la distrairait de sa douleur pour un moment.

Heureusement, Liloïa finit par s'apaiser et s'endormir. Jaya put enfin souffler, sentant la tension retomber peu à peu, même si les plus gros morceaux restaient encore coincés dans sa gorge. Elle n'en revenait pas d'avoir su se défendre seule face à ces lycans. Elle avait réussi à en tuer un et faire fuir les deux autres ! C'était un exploit qu'elle n'aurait jamais cru possible. Elle se surprenait à penser qu'elle n'était finalement pas si faible qu'elle le croyait, et cette pensée lui apporta un peu de soulagement dans son tourment.

Elle se promit de ne plus jamais sous-estimer sa propre force et sa capacité à vaincre l'adversité. Si elle continuait sur cette lancée, cette montagne qu'elle avait toujours craint ne lui ferait plus jamais peur.

Si Tiordan, Symphorore et Amaros avaient vu ça...

Penser à eux lui serrait le cœur. Comment allaient-ils ? Où étaient-ils ? Étaient-ils fâchés contre elle pour les avoir abandonnés ? Elle culpabilisa, en particulier en repensant à ses derniers instants auprès de Tiordan. Il avait cru si fort en eux, en leur amour, et elle avait tout brisé sur un coup de tête : ses espoirs, ses sentiments et leur relation.

Cependant, il était encore trop tôt pour regretter son choix. Jaya savait que rien ni personne ne pourrait l'empêcher d'apposer la vérité sur la disparition de Vadim. Elle se concentra sur cette idée, se promettant de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le retrouver.

Jaya plongea une main dans son sac et en sorti son livre de contes. Il avait survécu à toutes ses tribulations jusqu'à présent. La couverture était à peine éraflée. Quand elle l'ouvrit, ses doigts caressèrent pensivement l'emplacement de la page manquante.

Le lac de cristal, le Coda Leolan... Est-ce que tu es parti le chercher, Vadim ? Dans ses souvenirs, il en parlait avec tant de passion qu'elle voyait ce conte d'un autre œil. Il serait perdu quelque part dans la fjord, derrière les montagnes enneigées, protégé par le clan des ours lunaires. Quiconque plongerait dans son eau serait lavé de toute malédiction, de tous les maux et marques.

Vadim... Aurais-tu pu entreprendre ce périlleux voyage pour t'y rendre ? Du moins, tenter. Pourquoi ? Pour retirer tes cicatrices qui pèsent si lourd dans ta vie ? Ou bien autre chose ?

Sa main libre plongea dans son col et en sortit la larme qui rutila dans la lumière du feu. Elle la caressa tendrement du pouce et leva les yeux sur l'ouverture de la caverne. Elle espérait bientôt pouvoir mettre le fin mot sur ses questions.

Elle posa alors sa tête sur Liloïa en veillant à ne pas toucher ses blessures, puis se recroquevilla sur elle-même afin de capter le plus de chaleur possible. Des mots, doucement fredonnés, s'élevèrent en écho contre les parois de pierres :

Doucement, mon amour
Sois libre, endors-toi,
Bercé par la nuit sacrée,
Dors mais souviens-toi,
De mes tendres baisers d'amour,
Demain je serais là,
Avec toi...

S'il était dans les parages, s'il devait l'entendre, il saurait immédiatement que c'était elle grâce à cette berceuse. Lentement, Jaya ferma les yeux et laissa son esprit divaguer. Elle s'imaginait dans les bras de son tendre amour, ses bras puissants l'entourant comme les vagues de l'océan. Les paroles douces et mélancoliques de la chanson furent soufflées avec tendresse et douleur.

Mon amour, es-tu là ?
M'entends-tu là-bas ?
Perdu dans ces landes gelées,
Là où tu te caches, je te trouverai,
Mon guerrier,
J'ai en moi l'espoir
L'espoir de te revoir,
Te revoir.

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