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Tu te rappelles?

Il m'est difficile de me rappeler. 

 Mais le souvenir est important. 

 Le souvenir est la base de la mémoire. 

 Le souvenir est l'arme la plus puissante que nous avons. 

 Le souvenir devrait nous rendre meilleurs. 

 Oui, j'ai utilisé le conditionnel parce que malheureusement jusqu'à maintenant cela n'a pas été le cas.

Notre histoire commence par le son fastidieux du réveil, elle est dédié à toi mon amour. Il était six heures et demie du matin. 

Comme tous les matins je me levai pour aller préparer le café, pendant que Happy, notre chien, heureux remuait la queue en attendant sa part du petit déjeuner. 

Même si c'était à peine le 11 septembre, une brise fraiche et légère traversait les couloirs de notre immeuble situé non loin du centre de New York. 

 Toi, tu dormais tranquillement avec tes cheveux blonds et bouclés éparpillés sur l'oreiller. Je décidai de ne pas te réveiller et de déguster le café en paix : j'allumai la radio et au rythme relaxant de la musique de ce matin je commençai à te préparer le petit déjeuner. Céréales au miel, lait, pain et beurre, comme tu l'aimais. 

Il était presque sept heures et d'ici à peu Happy t'aurait réveillée ! Il était si mignon ! Il se rappelait exactement l'heure à laquelle tu aurais dû te réveiller le matin. Il allait vers toi et avec son museau froid il avançait lentement pour te lécher la main, qui sortait toujours des couvertures. 

 « Maman ? » ta petite voix atteignait après peu mes oreilles, et Happy derrière toi me rejoignait remuant la queue. 

 « Oui, ma chérie ? » je te répondis, déposant ton bol de céréales sur la table de la cuisine. 

 « Je dois par force aller à l'école aujourd'hui ? » tu me regardas avec tes grands yeux doux, que tu faisais toujours pour m'attendrir, mais cette fois je ne me serais pas fait avoir ! 

Aussi parce que personne ne pouvait s'occuper de toi ce jour-là. 

 « Oui ma chérie, maman ne sera pas à la maison ce matin, donc tu dois y aller. » je souris légèrement sachant que cela ne t'aurais pas plu, vu que je n'étais pas souvent à la maison. 

 « Mais pourquoi tu n'y est jamais ? » quand tu posais ces questions cela me serrait toujours le cœur, mais je ne pouvais faire autrement. 

 « Parce que maman doit travailler, et pour travailler elle doit se lever tôt le matin, et aller combattre les méchants clients de l'hôtel, pour sa petite fille ! » 

 « Comme Wonder Woman ? » tu me demandas avec un peu plus de joie. 

 « Oui, comme Wonder Woman ! » je répondis m'abaissant à ta hauteur et il me vint une idée. 

« Qu'est-ce que tu en dis si aujourd'hui, avant d'aller à l'école, je t'emmène chez Jo ? » 

 « Vraiment ? » le bleu de tes yeux s'illumina de nouveau et je me sentis contente.

 « Vraiment ! Et puis cet après-midi on sera ensemble ! D'accord ? » 

 « D'accord ! Mais tu me le promets ? » 

 « Bien sûr, je te le promets ! » je n'étais pas très bonne à maintenir les promesses et je savais que je n'aurais pas maintenu celle-là non plus, mais qu'est-ce que j'aurais pu te dire ? 

Et toi, tu savais au fond de ton cœur que je ne l'aurais pas maintenue. 

Nous nous préparâmes ensemble pour sortir. Joyeuse tu avais endossé la petite jupe bleue que je t'avais offerte pour ton anniversaire et que normalement tu ne voulais pas porter. 

Sur le moment je n'y ai pas prêté attention, mais après ce qui c'est passé j'ai appris à noter les plus petits détails qui remplient nos journées. 

 Nous sortîmes de la maison vers sept heures et demie. Je m'assurai d'avoir fermé toutes les portes, d'avoir fermé le gaz et d'avoir pris les clés. Happy aboya heureux en descendant les escaliers. 

J'avais l'impression que cela aurait été une belle journée et que peut-être Madame Hert aurait accepté de garder notre chien et toi, avant de t'accompagner à l'école.

Madame Hert possédait un petit bar à côté de l'hôtel où je travaillas, je lui faisais confiance, elle m'avait aidée dans les premiers mois de ma grossesse et surtout elle m'avait trouvé cet emploi comme serveuse au Marriott World Trade Center, qui nous avait sauvé la vie pendant cette période. 

 Tu étais trop petite pour te rappeler de mes pleures dans la nuit, des cris de ma mère qui m'avait chassée de la maison et de ton père qui ne voulait plus me voir. Madame Joséphine Hert avait été ma bouée de sauvetage, rencontrée pendant une soirée assez moche pendant laquelle j'avais fumé tout le paquet de cigarettes alors que je savais que cela t'aurait fait du mal. 

 Je me rappelle du moment où elle m'avait tendu un verre de lait et un pancake au sirop d'érable le matin suivant, et tous le matin jusqu'à ta naissance. Je me rappelle quand je perdis les eaux, elle était là avec moi et elle appela l'ambulance en leur demandant de se dépêcher, autrement j'aurais accouché dans son bar. 

Tu es née cinq minutes après mon arrivée à l'hôpital. Je n'avais pas encore décidé ton prénom, mais le premier qui me vint à l'esprit quand les infirmiers me le demandèrent fut ''Avery'', comme ma grand-mère ; cette grand-mère dont je me souvenais si peu, mais que j'avais beaucoup aimée. 

J'aimais l'idée que nos prénoms soient unis par la même lettre, donc je décidai que celui-ci était le prénom parfait pour toi. Ce dont je me souviens le mieux est l'expression mélancolique du regard de Jo à ta vue ; elle aussi avait eu un mauvais passé, mais entre nous il y avait toujours eu un accord non écrit : elle ne me demandais rien de mon passé et moi, je ne lui demandais rien du sien. 

Nous éloignons la douleur de la même manière.

À huit heures moins dix, nous arrivâmes au bar, de temps en temps je dus reprendre Happy qui courrait derrière les feuilles tourbillonnantes dans l'air, mais à la fin nous étions à l'heure et Joséphine était en train de préparer des cafés. 

 « Jo ! » nous saluâmes ensemble alors qu'elle servait les cafés à deux garçons sur la trentaine. 

« Salut mes petites ! comment allez-vous ? » nous demanda Jo d'une manière très maternelle, et sans nous demander si nous avions déjà mangé, elle nous avait donné des pancake et du sirop d'érable. 

Toi, tu acceptas tout de suite et ce gourmant de Happy en profita pour te demander, en silence, d'en donner un peu à lui aussi. 

 « Dis- moi, pourrais-tu accompagner Avery ce matin à l'école ? » je demandai à Joséphine. 

 « Bien sûr ma chérie, aucun problème. » Madame Hert me sourit et je lui donnai ton sac à dos, pendant que tu me regardais heureuse.

 « Alors mon amour, maintenant maman va au travail et après Jo viendras te prendre à l'école, d'accord ? » je te demandai. 

 « Mais pourquoi tu ne viens pas toi ? » ta voix déçue me provoqua une grande tristesse, mais je devais aller au travail, je ne pouvais pas me plier à tous tes désir. 

« Ecoute Avery, maman doit travailler ! Cet après-midi nous resterons ensemble, d'accord ? » chaque jour c'était la même histoire. 

 J'étais toujours plus fatiguée et je ne savais pas comment te faire comprendre que je ne pouvais toujours m'occuper de toi. 

J'étais seule. Et faire la maman n'était pas de tout facile.

Je sortis du bar avec à l'esprit ton joli visage privé de joie, cette émotion qui te caractérisait le plus. Une fois, peut-être, elle me caractérisait moi aussi : avant de t'avoir, j'étais toujours heureuse, mais surtout inconsciente. 

Tellement inconsciente d'avoir commis la plus belle erreur de ma vie, toi. Mais il y a des conséquences aux erreurs et moi, j'ai dû grandir plus vite. 

Ma mère m'avait dit que j'avais jeté ma vie pour le seul désir de démontrer d'être grande, d'anticiper les temps ; alors que mon père m'avait regardée comme si ne j'étais même pas sa fille ; ton père, lui, qui mi disait qu'il m'aimait tant, s'est enfuit au dernier moment, me disant que à vingt ans il était encore trop immature pour t'aider à grandir. 

Et moi ? Je n'étais pas trop jeune ? J'étais plus jeune que lui, et pourtant maintenant nous sommes ici. Avec mes parents je n'ai plus eu aucun rapport, eux-mêmes n'ont jamais demandé de toi. Ils ont essayé de nous aider en nous offrant un appartement, seulement pour s'enlever ce sens de culpabilité qui, je suis sûre, les tourmentait. 

Mais moi, têtue, je ne l'acceptai pas, et toi, tu ne sais pas combien ce fut difficile pour moi, tout en sachant que nous n'aurions eu aucun endroit où aller. Heureusement je rencontrai 

Jo, qui me traita comme sa fille dès le début, et nous accueilli chez elle, me trouva un emploi et puis peu à peu nous avons pu emménager dans la maison qui aujourd'hui nous appartient.

Je me rappelle quand à l'hôtel j'ai commencé du bas de l'échelle, nettoyant les toilettes, puis en refaisant les chambres. 

Ce n'était pas le plus beau travail du monde, mais il me permettait de nous maintenir, et je remercie encore le directeur qui me donna cette possibilité de vivre une vie meilleure. Je franchis le seuil de l'hôtel ce matin-là, en pensant positivement et en m'ôtant ta grimace triste de ma tête, pour me concentrer sur mes devoirs. 

Le Marriott comptait 825 chambres, ce qui comportait un grand nombre de personnel, mais ce qui m'avait le plus marqué de cet énorme immeuble c'était sa hauteur. Et si le 22 étages du Marriott me semblaient nombreux, ceux que comptaient les Tours Jumelles me semblaient un immense escalier pour rejoindre le ciel. La première fois que je les avais vues, j'avais pensé que cela aurait été beau de voir le monde de là-haut, de voir ma ville de là-haut et de me sentir, pour quelques second ou instants, plus forte que les autres.

« Salut Aubrey ! » me salua Edith, une de mes collègues, qui travaillait avec moi au dix-huitième étage. 

 « Salut Edith ! Comment vas-tu ? Comment va Brianna ? » je lui demandai appréhensive sachant que sa sœur était à l'hôpital pour des complications dues à la grossesse. 

 « Mieux, le bébé est fort et veut juste attirer l'attention ! » Edith rit et je lui souris complice. Heureusement toi, tu ne m'avais jamais donné des problèmes de ce genre. 

Je ne me rendais presque pas compte d'être enceinte ! Je n'avais pas eu de nausées ni de vertiges comme j'avais entendu dire, puis j'ai notée le retard et cela a été le début de tout. Perdue dans mes souvenirs je suivis Edith sur l'ascenseur, alors que l'horloge dans le hall m'informait qu'il était huit heures dix. 

J'ai pensé que vous étiez déjà acheminés vers l'école : tu, Jo et Happy. Je ne sais pas pourquoi je me sentis encore coupable à ton égard, mais je n'en avais pas de raison. 

Après tout, je faisais seulement ce que je pouvais pour te donner une vie meilleure, je faisais tout mon possible pour que tu ne manques de rien, et je renonçais à ma vie pour donner quelque chose de meilleur à la tienne. 

Ces pensées me tourbillonnaient à grande vitesse dans l'esprit, sans s'arrêter et sans avoir un minute de compassion à mon égard. Elles allaient si vite que je ne me rendis pas compte du peu de temps qui était passé. Il manquait peu à neuf heures et je t'aurais revue seulement dans six heures. Je sentais que je devais faire davantage autrement je t'aurais perdue.

Nous avions commencé à nettoyer une chambre quand une énorme secousse fit crier Edith. Nous sentîmes trembler le Marriott et nous entendîmes des hurlements provenant de l'extérieur. 

Une autre secousse nous réveillait de notre état de torpeur et de terreur : Edith m'implora de ne pas m'approcher de la fenêtre, mais je ne pouvais l'éviter. Les gens, paniques, hurlaient et indiquaient quelque chose en haut, plus haut que le vingt-deuxième étage de l'hôtel. 

Pour un instant je pensai que une grue de construction s'était écroulée, mais l'annonce qui fut fait successivement me fit penser qu'il s'était passé quelque événement différent. 


Ce ''S'il vous plait, restez dans vos chambres'' résonnait puissamment dans mes oreilles. 

Oh mon enfant, tu ne peux pas savoir comme cela a était dur de rester calme et surtout lucide. Edith et moi, nous nous assîmes par terre sous une table, dans le cas où il s'agissait d'un tremblement de terre. 

Nous sommes restées dix minutes dans les bras l'une de l'autre, en attente de quelque signe, quand finalement un homme nous hurla de sortir et de quitter l'immeuble. Beaucoup étaient désorientés et confus, certain ensuite s'étaient lamentés du désordre, et d'autres qui, comme moi, gardaient les yeux ouverts et restaient prêts à intervenir dans l'éventualité d'un phénomène plus terrible. Les hurlements, la confusion, la peur. Ces trois conditions régnaient et moi, je ne savais pas quelle émotion aurait prédominé sur moi.

Sortie de l'hôtel avec beaucoup d'autres gens, j'ai vu l'horreur. 

Je me rappelle que la première chose qui avait attiré mon attention c'était les feuilles, des millions de feuilles qui volaient librement au-dessus de nous. 

 Je me souviens, avec douleur, des cris des personnes qui se lançaient de la Tour Nord, je me souviens, avoir été bousculée, je me souviens du pompier qui m'avait gentiment demandé de m'en aller. 

Je me souviens et je voudrais pas le faire. 

 Je me souviens très bien d'une petite fille qui pleurait, elle avait les cheveux blonds comme les tiens, mais ses yeux étaient pleins de larmes, elle était petite et sa mère la serrait fort contre sa poitrine, pendant que nous marchions vite pour aller le plus possible au sud. 

Après un premier moment di choc, j'ai pensé tout de suite à toi, ma petite Avery.

 Je devais aller à l'école , Joséphine ne t'aurait jamais emmenée autre part en voyant ce désastre. Je savais que tu étais là, que je devais te rejoindre, que j'aurais fait tout le possible pour te revoir sourire encore une fois. Le seul problème était que ton école se trouvait au nord et que le pompier nous disait d'aller vers le sud. Mes prières et mes supplications ne servirent en rien.

En moi régnait le chaos le plus incroyable. 

J'avais perdu de vu Edith et je savais que d'un moment à l'autre, l'immeuble se serait écroulé, ou du moins je l'imaginais. 

Je me devais m'en aller immédiatement. Au fur et à mesure que je m'éloignais je cherchai de ne pas me retourner, je savais que je n'aurais pas résisté très longtemps et que je n'aurais pas soutenu ce qui probablement était en train de ce passer. Un grand bruit nous fit nous retourner, alors que je m'étais promise de l'éviter.

 À la vue d'un avion qui s'abattait sur l'autre Tour je ne pus m'empêcher de pleurer. 

Je t'assure ma chérie que la douleur que j'avais éprouvée dans ma courte vie n'était rien en comparaison du désastre auquel mes yeux avaient assisté ce jour-là. 

Ce qui était en train de passer était horrible et le choc tellement fort que je ne réussissais plus à bouger. Heureusement un homme me porta du l'autre côté de la rue. L'immeuble était en train de s'effondrer lentement, et moi, je devais m'éloigner, mais j'étais paralysée. Je restais pétrifiée devant tant d'horreur.

 La voix de cet homme me reporta à la réalité, cette réalité qui en quelques minutes avait été annulée. 

Nous, comme d'autres, nous commençâmes à courir et les cris des gens se mêlèrent entre eux, ils étaient si forts qu'ils était impossible d'entendre nos pensées, si forts de te pousser à agir d'instinct. Nous nous réfugiâmes dans une maison après quarante minutes de marche. 

Sans réfléchir nous allâmes dans la cave pour nous nous reposer. J'éclata sanglots, je devais me libérer, je devais extérioriser ce que j'avais en moi. 

 Je ne pouvais pas croire qu'il existait tant de méchanceté, tant de cruauté, tant de violence dans le monde. Cette violence, je ne l'avais pas subie physiquement, j'étais en vie, mais je l'avais subie en tant que personne. Je l'avais subie parce que mes concitoyens, certainement des personnes que je connaissais, des personnes que j'avais vues probablement tous les jour, mais que je ne voyais pas vraiment, pouvaient être mortes. Ces personnes pouvaient ne plus avoir la possibilité de vivre leur vie. Ces personnes auraient pu réaliser de grandes choses ou peut-être pas, mais elles ne méritaient certainement pas la mort, aucun de nous la mérite. La mort ne se mérite pas ! Quels droits avaient-ils de tuer ces personnes ? Qu'est-ce qu'ils les avaient poussés à un tel geste ? Qu'est-ce que nous avions commis pour nous mériter cela ? Parce que ce geste, avait été intentionnel. Nous les savions tous.

« Vous étiez au bar ce matin ? » seulement quand j'entendis la voix de cet homme je réussis à détourner, pour quelques secondes, mon attention du l'enfer de ce jour. 

« Pardon ? » j'étais stupéfaite et confuse.

 « Vous êtes la dame avec la petite fille et le chien. » mes yeux s'illuminèrent tout de suite et sans hésiter je lui demandai si il vous avait vus sortir. 

« Ils sont allés au parc. Votre fille ne voulait pas aller à l'école, elle était fâchée avec vous et Madame Hert voulait lui faire plaisir. » l'homme me sourit et moi, je ris en retour. 

Oui, je ris, parce que je savais que Jo t'avais emmenée au Washington Market Park. Cet endroit te plaisait beaucoup et nous vivions pas très loin de là. Je pensai que après cette sensation de pure terreur à l'idée de ne plus te revoir, j'aurai donné importance au moindre petit détail qui aurait rempli nos journées, surtout les tiennes.

En cet instant, je me promis que je ne t'aurais pas laissée partir facilement. En cet instant, je te promis que j'aurais été présente, en cet instant, je promis à notre famille que nous aurions eu un beau futur et que j'aurais fait tout mon possible pour le réaliser. Je savais de n'être pas très bonne avec les promesses, mais je devais tenter, c'était mon objectif principal pour le moment.

Nous étions en train de marcher et repensant à ce matin, je devais admettre que, en effet, tout était de ma faute. 

Tu penseras peut-être que je faisais la victime, mais en réalité je prenais conscience du fait que je n'avais pas été suffisamment présente dans ta vie, convaincue de te donner ce dont tu avais besoin. 

Je me rendis compte que toutes ces années je les avais passées à pleurer sur le passé, je les avais passées à penser à un futur différent de celui que j'avais devant moi, alors que celui que j'avais, était encore mieux de celui que j'aurais pu imaginer. Je me rendais compte que sans toi, mes journées étaient sans but. Je réalisais que tu étais vraiment importante pour moi et cela m'attristais de t'avoir fait du mal. 

Tous tes défauts et qualités me vinrent à l'esprit, comme ton habitude de te toucher les cheveux en continuation pendant que je te parles, comme ta passion pour la lecture et le fait que tu adores le beurre alors que moi, je ne l'aime pas. Il me revint à la mémoire tous tes anniversaires et je me rendis compte qu'ils avaient tous été très jolis et tu étais si heureuse. Je me souvins de tous les Noëls et de tous les Thanksgiving sans tes grands-parents et sans ton père, et je réalisai que je n'aurais peut-être pas été suffisante pour toi à un certain point de ta vie, comme mes parents, pour moi, n'avaient pas suffi. 

Tu avais besoin de partager toi-même avec tes grands-parents, mais peut-être, c'était moi qui n'étais pas prête à te partager avec eux.

Avec David, l'homme qui était entré avec moi dans la cave, nous nous rendîmes au parc et, sous un arbre, tu étais là assise. 

Après des heures de recherche dans le parc, tu étais là. Tu étais là, heureuse, avec Happy qui réclamait ton attention. Tu étais si innocente et inconsciente de toutes les méchancetés du monde. 

Je compris aussi que j'aurais dû te préparer au monde. Je pense que c'est l'angoisse de tous les parents que de préparer son enfant au monde et apprendre à le laisser partir. 

 J'avais peur et je ne savais pas si l'aurais réussi à le faire. 

 Désormais tu es grande, tu vas bientôt partir pour l'université, mais mon esprit revoit encore cette petite fille de sept ans, inconsciente de la réalité, encore loin de la souffrance et de la violence. 

Mon esprit retourne encore à cette journée qui m'a changée ; je revois encore les mères qui, comme moi, ne trouvaient pas leurs enfant ; je revois encore les personnes apeurées qui ne savaient pas où aller ; je revois le chaos, les rues et les immeubles couvert par la poudre. 

Comme dans un rêve il me semblait tous irréel et impossible, mais ce n'était pas ainsi. Je crois que ce sera toujours difficile pour moi de ne pas repenser à ces évènements et à ce 11 septembre fatidique. 

Cependant au milieu de toute cette confusion je me rappelle la seule belle chose de la journée : ton rire, ton visage illuminé de bonheur à me revoir. Je me rappelle Jo, qui anxieuse s'était approchée de moi comme si je n'étais pas là avec elle. 

Elle avait craint que je ne serais plus jamais retournée.

« Maman ? » ta petite voix m'arriva coupable et je me tournai vers toi. 

 « Oui, ma chérie ? » 

 « Je ne suis pas allée à l'école... Tu me pardonnes ? » je cherchai de ne pas pleurer. 

Tu te rappelles ? Je m'agenouilla devant toi.

 « Bien-sûr que je te pardonne mon amour ! » tu me serras dans tes bras. 

« Mais toi, pourras tu pardonner maman ? » 

 « Pourquoi ? Les mamans ne se trompent jamais... Et puis tu as aussi maintenu la promesse ! » tes yeux si sincères me donnèrent la force de te répondre, mais surtout de croire et d'espérer en un monde meilleur. 

 « Non ma chérie, tout le monde se trompe... Nous devons seulement apprendre à corriger nos erreurs, et maman te promet que, à partir de maintenant, elle maintiendra ses promesses. »

Qu'en dis-tu mon amour ? J'ai réussi ?

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