• chapitre 30
Pour son plus grand plaisir, Minho se réveilla dans les bras de Jisung. Ce dernier dormait encore paisiblement, il en profita alors pour contempler son visage serein, ses longs cheveux qui tombaient devant ses yeux, sa bouche légèrement étirée en un sourire. Il était beau. Il était vraiment beau, mais pas seulement. Il était aussi toujours bienveillant et attentionné. Minho avait de la chance, et il n'aurait pas pu rêver mieux comme premier petit ami. Il avait espoir que leur relation continue même quand ils seraient séparés et qu'ils reprendraient leur quotidien respectif. Il ne l'expliquait pas, mais il sentait que Jisung était sincère avec lui. Il ne jouait pas, il avait gros à perdre.
Il déposa un petit baiser au coin de ses lèvres et chercha à se détacher délicatement de lui, sans le réveiller. Jisung grommela un peu dans son sommeil avant de se tourner de l'autre côté. Il semblait encore bien endormi, alors Minho se leva pour enfiler rapidement des vêtements qu'il avait délaissés durant la nuit. À pas de loup, il rejoignit la salle de bain pour se rafraîchir le visage et se recoiffer. Puis il se dirigea vers la cuisine où Hyejin avait laissé de quoi prendre le petit déjeuner. La veille, elle avait même pris soin de préparer tout ce dont ils avaient besoin pour faire du café. Les grains étaient moulus, déjà dans le compartiment à filtre de la cafetière. Il n'y avait qu'à ajouter l'eau et à lancer la machine. Minho s'empressa de le faire, soucieux que tout soit prêt quand Jisung serait debout.
Il fit rapidement le tour de la maison afin d'ouvrir les fenêtres et laisser le vent s'engouffrer dans les pièces. Il revint à la cuisine, s'installa à table et passa quelques minutes sur son téléphone pour discuter avec ses amis. Toujours aussi curieux, Hyunjin voulait savoir s'ils avaient sauté le pas avec Jisung.
Pas encore, se dit-il. Peut-être bientôt. Et cette seule pensée lui tordit le ventre. Il s'était toujours promis de ne pas aller trop vite, de ne pas coucher avec quelqu'un qu'il connaissait à peine, mais avec Jisung tout était différent. Il n'avait pas envie d'attendre après il ne savait quoi. Il se sentait prêt, malgré toute l'appréhension qu'il pouvait avoir. Chan lui avait dit que lorsque le moment serait venu, lorsqu'il trouverait la bonne personne, il oublierait les règles qu'il s'était imposées. Et il avait l'intime conviction que c'était le cas.
Il soupira et alla loger le menton dans sa paume de main. Il reposa son téléphone et, tandis qu'il se levait pour prendre des mugs, Sujin arriva dans la cuisine. Ils se figèrent quand leurs regards se rencontrèrent, puis ce fut la jeune femme qui rompit l'échange visuel en premier. Elle passa devant lui, extirpa une tasse d'un placard et se servit du café. Minho l'observa avec attention, il avait envie de lui parler, de s'expliquer, de dire quelque chose pour briser la glace. La tension qui émanait d'elle était insupportable. Elle les avait vus. Jisung avait avoué ses sentiments envers lui. Désormais, elle savait.
Il déglutit et ferma les yeux un court instant pour se donner le courage nécessaire afin de se lancer.
— Sujin…
La jeune femme fit volte-face, les yeux noirs et la mâchoire contractée.
— Qu'est-ce que tu veux ? cracha-t-elle.
— Parler.
Elle pouffa de rire.
— J'ai rien à te dire.
— Moi oui.
Un silence oppressant s'installa. Sujin s'appuya dos au plan de travail, sa tasse fumante à la main elle leva un sourcil dans l'attente de quelque chose. Minho devait s'exprimer, il devait mettre la situation au clair avant que ça ne dégénère. Il ressentait le besoin de s'expliquer, de se justifier peut-être même. Il ne culpabilisait plus, car il savait que la relation de Jisung et Sujin avait été toxique, que la jeune femme avait profité de lui. Mais cela ne signifiait pas qu'il se sentait totalement à l'aise en sa présence. Pour beaucoup de raisons, à commencer par le fait qu'elle ait sans aucun doute deviné que leurs sentiments étaient réciproques, et qu'il était attiré par les hommes.
— À propose d'hier soir…
— Tu veux dire à propos de Jisung et toi ? l'interrompit-elle.
Minho hocha timidement la tête.
— Je veux pas que tu penses que j'ai piqué ton mec.
— C'est quoi si c'est pas ça ? Tu te fais passer pour le fils à papa exemplaire, mais en fait t'attendais que de le foutre dans ton lit ? J'arrive même pas à comprendre ce qu'il te trouve sérieux.
Elle le jugea des pieds à la tête, une moue de dégoût déformant ses lèvres.
— Déjà, je veux pas le foutre dans mon lit comme tu dis. Et je pense que tu es mal placée pour me dire des trucs pareils. T'as joué avec lui, tu l'as fait chanter pour obtenir ce que tu voulais. Tu crois que c'est une façon normale d'obtenir l'amour de quelqu'un ?
— Tu crois savoir ce que c'est l'amour toi ?
Minho prit une grande inspiration. Il n'avait peut-être pas d'expérience, mais il avait des sentiments, et grâce à Jisung il avait compris ce que ça faisait de tomber amoureux. Il n'avait pas besoin de multiplier les conquêtes ou les petits amis pour comprendre que ce qu'il ressentait était bien réel et légitime.
— Je sais que l'amour ça s'achète pas. Et que jamais je forcerai quelqu'un à m'aimer en lui faisant du mal.
— T'es pathétique.
Sujin but une gorgée de son café et leva les yeux au ciel.
— Pathétique parce que celui que tu convoitais pour son argent a des sentiments pour moi ?
Elle le fusilla du regard, mais il n'avait aucune intention de baisser les armes aussi facilement. Il avait décidé de vider son sac, peu importe la manière dont il le ferait. Il aurait préféré avoir une discussion diplomate avec Sujin plutôt que de devoir s'énerver, mais elle ne lui facilitait pas la tâche. Elle avait le don pour le mettre hors de lui, ou tout du moins elle ne lui donnait pas envie d'être gentil. Il serait honnête, cruellement honnête, et elle devrait s'en contenter.
— Parce que t'es qu'un gamin qui a toujours tout ce qu'il veut, quand il veut. Tu sais pas ce que c'est de désirer quelque chose et de pas pouvoir l'obtenir.
— Si, je sais ce que c'est.
— Toi et ta vie d'enfant parfait, qui a de bons résultats, qui obtient les éloges de son père et de ma mère. Ma mère ! répéta Sujin d'un ton sec. Tu vois même pas la chance que t'as d'être entouré alors que moi y'a personne qui se demande si je réussis bien mes études, si je suis heureuse, si j'ai besoin de soutien.
Minho fronça les sourcils. La voix de la jeune femme s'était atténuée, elle s'était même faite tremblante.
— Tu vis chez ton père, c'est toi qui l'a décidé.
— Parce que j'ai pas envie de te voir avec ma mère ! De voir qu'elle te trouve si merveilleux et gentil. De voir qu'elle aurait préféré un enfant comme toi plutôt qu'une fille comme moi. Elle t'apprécie et ça me rend malade !
— Tu peux pas lui en vouloir d'être gentille avec moi.
— C'est pas à elle que j'en veux, mais à toi !
Il eut un mouvement de recul. Il n'avait rien fait qui méritait ça. Il avait été obligé d'accepter la nouvelle relation de son père, tout comme Sujin avait dû accepter celle de sa mère. Ça n'était pas facile, pour l'un comme pour l'autre, et il ne pouvait pas être tenu pour responsable.
— Tu vis tranquillement, t'as tout ce que tu veux et tu trouves encore le moyen de prendre aux autres ce qu'ils ont.
— Tu crois que tout est parfait dans ma vie ? Tu crois que je souffre pas de pas avoir de nouvelles de ma mère parce qu'elle préfère voyager avec son nouveau mec ? s'énerva Minho.
Il serra les poings. Parler de cela lui faisait mal au cœur, à tel point qu'il avait l'impression de se consumer de colère. Il ne pouvait pas supporter que Sujin s'imagine qu'il ne souffrait pas et qu'il avait un quotidien de rêve.
— Ma mère s'est barrée, je sais même pas où elle est et tout ce que je reçois d'elle c'est un message pour mon anniversaire ou pour Noël, puis un virement sur mon compte bancaire. Super, j'ai une vie géniale ! Mais non, toi t'es malheureuse parce que le mec à qui t'as fait du chantage juste pour profiter de sa thune a finalement ouvert les yeux et a décidé de te larguer pour se mettre en couple avec celui que tu détestes tant !
Le souffle court, il resta là à fixer Sujin qui ne le lâchait pas non plus. Immobile, l'expression impassible, elle ne cilla pas.
— Tu es égoïste, tu penses qu'à toi et ton petit confort. Tu veux que les gens soient là pour toi, mais toi t'es jamais là pour eux.
— C'est bon t'as fini ton discours ? demanda-t-elle d'un ton monotone.
— Non. Maintenant je veux que tu saches que j'aime aussi Jisung, et que peu importe ce qui se passera, peu importe ce que tu décideras de faire avec ces informations, on se soutiendra. Et aussi, je suis pas avec lui pour te rendre jalouse ou te montrer que je vaux mieux que toi. Je suis avec lui parce que c'est sincère.
— Tu sais le nombre de partenaires qu'il a eus ?
— Ça m'est égal.
Elle afficha un mince sourire, mais Minho n'était pas dupe. Il comprenait parfaitement où elle voulait en venir, et il n'allait certainement pas la laisser gagner. Il se fichait bien des anciennes conquêtes de son petit ami, ça ne le regardait pas et il n'avait pas à s'en mêler. Cela ne faisait pas de lui quelqu'un de moins crédible, surtout qu'il ne lui avait pas caché qu'il aimait profiter de la vie. Être avec Jisung en sachant tout ça, ça ne lui faisait pas peur. Autant que Jisung n'avait pas peur d'être en couple avec un novice comme lui.
— Tu diras ça quand tu te choperas une maladie ?
— Tu ferais mieux de te taire avant de vraiment dire des énormes conneries.
Elle rit et termina sa tasse qu'elle déposa dans l'évier.
— Tu sais vraiment pas qui il est, ça me fait rire. Quand il t'aura sauté et qu'il te lâchera, tu viendras pas pleurer.
Minho ravala sa salive et Sujin, toujours avec un sourire narquois, tourna les talons pour quitter la cuisine. Au même instant, elle tomba nez à nez avec Jisung. Elle sursauta.
— T'en as pas marre ? dit-il d'une voix rauque.
— Laisse-moi passer.
D'un geste brusque, elle le poussa afin qu'il s'écarte du passage, puis elle disparut dans le couloir qui menait aux chambres. Jisung et Minho demeurèrent abasourdis durant quelques secondes, essayant de comprendre ce qui venait de se passer.
— Tu… Tu veux du café ?
Jisung acquiesça et alla s'installer à table pendant que son petit ami le servait. Il remplit également son mug et prit place face à lui, sans pour autant oser le regarder. Il se sentait quelque peu embarrassé par sa présence, sans vraiment savoir pour quelle raison. Il était toujours plus ou moins à l'aise avec Jisung, et il avait appris à ne plus ressentir de gêne lorsqu'il était là, mais peut-être que tout ce qu'avait dit Sujin le perturbait. Non pas qu'il n'avait pas confiance en lui, il le sentait sincère dans tout ce qu'il faisait, dans ses mots et dans ses gestes, mais il en venait à douter de lui-même.
— J'ai entendu ce qu'elle a dit…
Minho releva la tête et papillonna des yeux.
— À quel sujet ?
— Sur le fait que j'avais eu pas mal d'aventures.
— Tu me l'as déjà dit, et je t'ai dit que je m'en fichais.
— Ouais, mais… J'ai pas envie que tu crois qu'avec toi ce sera que passager. Et que tu t'imagines que je suis inconscient. J'ai toujours fait hyper attention à bien me protéger et à me faire dépister. Enfin, je veux pas que tu penses que je fais n'importe quoi.
Minho secoua la tête.
— Je pense pas ça du tout. Je sais qu'elle dit ça pour être méchante.
— Hm, merci.
— T'as pas à me remercier. Je vois pas pourquoi tu irais me mentir sur ça. Et puis, s'il y avait eu un souci on aurait fait ce qu'il fallait, non ?
Jisung écarquilla les yeux avant de pencher la tête sur le côté. Minho lui sourit et avança une main sur la table pour venir saisir la sienne. Il la lui caressa, joua avec ses doigts, et finit par les entrelacer.
— J'aurais pas dû essayer de lui parler, dit-il. Elle veut rien savoir, rien entendre. Je pensais qu'on pourrait avoir une vraie discussion, mais c'est inutile.
— Tu auras au moins tenté le coup.
— Oui… Dans le fond ça me rend un peu triste qu'on ait jamais réussi à s'accorder, je pense que ça aurait été mieux pour tout le monde.
Jisung se courba légèrement en avant pour capter le regard de son petit ami.
— Tu peux pas tout porter sur tes épaules, d'accord ? C'est bien que tu sois prêt à faire des efforts, mais si c'est que d'un côté, ça marchera jamais. Et c'est partout pareil, dans n'importe quelle relation, qu'elle soit amoureuse, amicale ou familiale.
— On fera des efforts tous les deux, pour que nous ça fonctionne ?
— Bien sûr. Ensemble on fera tout ce qu'il faut, le rassura Jisung.
Minho lâcha un soupir. Il n'imaginait pas rentrer chez lui et tout oublier de ces vacances, de cet amour qu'il portait au jeune homme qu'il avait rencontré quelques semaines auparavant. Il avait conscience que leur quotidien serait différent, avec ses difficultés, loin du cadre idyllique des vacances d'été, mais il avait à cœur de continuer son chemin avec Jisung.
— Je sais que c'est peut-être rapide, mais…
Il marqua une pause, tenant Minho en haleine.
— J'aimerais vraiment qu'une fois que tu entres à la fac, on vive ensemble.
— Attends… T'es sérieux ?
Jisung acquiesça.
— Si t'es d'accord, bien sûr. Je veux pas t'imposer quoi que ce soit.
Minho ferma les yeux un instant et laissa un large sourire fendre ses lèvres.
— Si tout se passe bien, alors je viendrai volontiers vivre avec toi. Et en attendant… On peut peut-être profiter des quelques jours qu'il nous reste ?
— J'espère bien.
Jisung se redressa et se pencha vers Minho pour s'emparer de ses lèvres. Ils allaient vivre chaque minute, chaque seconde, un peu plus intensément jusqu'à la fin du séjour. Tous deux rassurés de savoir qu'ils étaient sur la même longueur d'onde.
•••
Hey !
J'espère que vous allez bien 😊
Bon, Minho a essayé de discuter avec Sujin mais ça ne s'est pas bien passé 😬 rien de très surprenant finalement...
Sinon j'ai terminé l'écriture de Summer, il y a 36 chapitres en tout, et il y aura un épilogue aussi mais sans doute plus tard.
Je vous dis à bientôt pour la suite, prenez soin de vous 💜
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