• chapitre 26
Le lendemain, Jisung et Minho rentrèrent à la villa vers dix heures du matin. Chan leur avait offert le petit déjeuner dans son mobil-home sans faire la moindre allusion sexuelle. Il ne mettrait pas son meilleur ami mal à l’aise, il préférait attendre que ce dernier lui explique si quelque chose de concret s’était passé avec Jisung.
Ils passèrent sur le côté de la maison, près de la piscine, puis rejoignirent la terrasse où Hyejin était installée sur une chaise de jardin avec une tasse de café à la main. Elle les salua, un mince sourire aux lèvres. Minho fit un petit signe de tête, Jisung suivit, mais ils se dépêchèrent d’entrer, comme s’ils avaient fait une énorme bêtise. En réalité, ils n’avaient pas très envie de croiser Sujin. Tant qu’ils pouvaient l’éviter, ils se portaient mieux. Cependant, lorsqu’ils passèrent devant le bureau à la porte entrouverte, Minho fut interpellé par son père.
— Je t’attends dans ta chambre ? chuchota Jisung.
Il hocha la tête et son petit ami sourit avant de mimer un bisou silencieux. Minho gloussa et toussa aussitôt pour se reprendre, ce n’était pas le moment d’agir ainsi.
Il laissa Jisung partir et rejoignit son père dans le bureau. Il prit soin de fermer la porte derrière lui, non pas sans appréhension. Il s’était soudain monté tout un film dans son esprit, et la peur l’envahit peu à peu. Et si Sujin avait expliqué que Jisung et elle, c’était terminé ? Et si elle avait osé parler de son orientation sexuelle et que désormais, son père se posait des questions sur la sienne ? Il secoua la tête et déglutit.
— Tu as l’air fatigué.
Minho se figea, les cils battant avec rapidité.
— Je… Je me suis juste couché un peu tard.
— C’était bien ta soirée ?
— Euh oui, très bien. Et j’ai pas bu si tu veux savoir.
L’homme émit un petit rire.
— Je n’ai rien dit !
— Oui mais… Tu pourrais croire que j’ai bu, et que c’est pour ça que j’ai l’air fatigué. Mais c’est juste que j’ai pas beaucoup dormi.
Pour le coup, il ne mentait pas, mais il n’allait pas non plus détailler sa nuit. Jisung et lui s’étaient longuement embrassés et câlinés. Ils avaient profité de cette proximité autant que possible, sans pour autant faire quoi que ce soit de plus. Ils avaient aussi beaucoup parlé de ce qu’ils envisageaient pour l’avenir, de leur relation après les vacances, et de beaucoup d’autres choses.
L’homme saisit son téléphone posé sur le coin droit du bureau avant de se lever.
— J’ai eu un appel des Park, tu sais ceux qui ont le restaurant au bout du village, les parents de Narae.
Minho resta muet et immobile. Ce n’était pas une simple coïncidence, impossible. Il croisait la jeune femme la veille et son père recevait presque aussitôt un appel de ses parents ? Elle avait dû leur parler de leur rencontre.
— Il paraît qu’elle vous a vu hier remonter de la plage.
— Euh, oui…
Il déglutit, un nouveau scénario se jouait dans sa tête. Un scénario catastrophe où Narae l’avait vu tenir la main de Jisung. Il inspira un bon coup pour se reprendre, il devait arrêter d’être paranoïaque.
— Elle en a parlé à ses parents et ils m’ont appelé juste après. Ça fait longtemps qu’on ne les a pas vus, ils ont proposé qu’on vienne manger au restaurant ce soir. Ils sont fermés mais ce sera l’occasion pour se retrouver autour d’un bon repas. Et puis Narae et toi pourrez discuter, comme au bon vieux temps.
Minho se contenta d’acquiescer tout en souriant. Il ne voulait pas montrer à son père que cette nouvelle le mettait terriblement mal à l’aise. Il n’avait pas vraiment envie de retourner chez Narae tout en sachant que quelques années avant, elle était follement amoureuse de lui et que leurs parents s’amusaient beaucoup de la situation. Dans l’idéal, ils auraient aimé les voir former un couple dans le futur, loin de ce à quoi Minho aspirait. Il appréciait beaucoup Narae comme une amie, rien de plus. Il n’avait jamais eu ne serait-ce qu’un centième de sentiments amoureux à son égard.
— On y va tous ensemble ?
— Oui, Sujin et Jisung sont aussi invités.
— Oh, d’accord.
Il resta cloué sur place, les bras le long du corps, incapable de réagir. La situation allait être plus que gênante. Il allait se retrouver avec la fille qui avait été amoureuse de lui, en compagnie de leurs parents, mais aussi de son petit ami qui était censé entretenir une relation avec Sujin. Son père et sa belle-mère savaient-ils d’ailleurs qu’ils avaient rompu ? Il n’en avait pas l’impression. Ils ne devaient se douter de rien, même si son père avait remarqué qu’ils se disputaient beaucoup. Cela ne signifiait pas qu’ils avaient tout arrêté. Enfin, ils finiraient bien par s’en rendre compte.
— Hm, je peux y aller ? demanda Minho.
— Oui oui, bien sûr ! Tu as prévu quelque chose aujourd’hui ?
Il réfléchit un court instant avant de secouer négativement la tête. À part passer du temps avec son petit ami et éviter Sujin le plus possible, rien à signaler.
— Tant que tu te tiens prêt pour dix-huit heures trente, tu peux vaquer à tes occupations.
Il remercia son père et quitta le bureau, le cœur toujours aussi fou. Il inspira et expira lentement, il ignorait comment il allait pouvoir gérer tout ça et il appréhendait. La journée idyllique qu’il avait passée la veille ressemblait à un souvenir lointain et il craignait que le rêve ne vire au cauchemar. Aujourd’hui, Jisung et lui étaient peut-être ensemble, mais l’ombre de Sujin était toujours dans les parages. Ils seraient obligés de la croiser, de l’affronter. Ils n’auraient d’autres choix que de composer avec elle durant le reste des vacances. Minho la connaissait bien, elle n’était pas du genre à se tenir en retrait et à capituler aussi simplement. Elle ne s’avouait pas vaincue aussi facilement. Peut-être préparait-elle sa vengeance ?
Il essaya de se raisonner et de reprendre une respiration normale. Trop de choses se passaient en même temps et il avait la tête pleine, prête à exploser. Finalement, il était redescendu de son petit nuage un peu trop vite.
Il traîna les pieds jusqu’à sa chambre, comme si deux lourds boulets étaient accrochés à ses chevilles. Il n’arrivait pas à mettre des mots sur ce qu’il ressentait, mais il avait mal au cœur et mal au ventre. Il sentait un poids peser sur ses épaules, un étrange pressentiment qui lui laissait un goût amer dans la bouche. Il poussa la porte et aussitôt, Jisung se redressa. Il était allongé sur le lit, portable en main.
— Ça va ? s’inquiéta-t-il.
Minho hocha la tête, une petite moue déformant ses lèvres. Il s’installa sur le bord du matelas et laissa filer un énième soupir.
— Ça a pas l’air…
— Tu vois la fille qu’on a croisée hier ?
— Oui, celle qui était amoureuse de toi, rétorqua-t-il avec un petit rire.
— On est tous invités chez ses parents. Ça veut aussi dire Sujin et toi… Et ça me plaît vraiment pas d’y aller. Ça va être ultra gênant. Ils vont poser plein de questions, ils vont ressortir des vieux dossiers de quand on était gamins.
Jisung tendit une main pour lui caresser le dos.
— Ça va aller, d’accord ? Et puis pour Sujin et moi…
— Je pense que vous allez devoir faire comme si vous étiez encore ensemble.
À cette seule pensée, Minho retroussa le nez. Il n’avait pas du tout envie de les voir se comporter comme un couple, il en avait déjà la nausée.
— Je te rassure, si on doit faire semblant, je n’aurai aucun geste affectueux envers elle.
— Hm, merci…
— Et je compte bien aller la voir après.
Minho se redressa et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.
— Pourquoi ?
— Faut bien que je récupère mes affaires dans la chambre ? Je compte pas dormir avec elle pendant le reste du séjour.
— Oh… Vraiment ?
Jisung le rejoignit. Il se plaça derrière lui pour l’enlacer, le menton posé sur son épaule. Il déposa un petit baiser dans son cou, puis derrière son oreille. Minho pouffa de rire quand le souffle de son partenaire lui chatouilla la peau. Il ne put s’empêcher de sourire bêtement à ses attentions. Un simple geste de sa part et tous ses soucis semblaient s’envoler. Il était tiraillé entre plusieurs sentiments ; la peur, la culpabilité, mais aussi un bonheur immense. Il se sentait terriblement chanceux d’avoir Jisung à ses côtés, d’avoir trouvé une personne comme lui, qui l’acceptait et l’aimait pour ce qu’il était. Il avait même l’impression de ne pas mériter autant d’attention de sa part, ils étaient si différents et ce sur pas mal de points. Mais il était là, dans ses bras, et cela le réconfortait. Il n’était plus un gamin timide et inintéressant, en tout cas pas aux yeux de son petit ami.
— Tu penses que j’abandonnerais mon copain pour dormir avec elle ?
— Je sais pas, si c’est pour faire illusion.
— Je préfère mille fois dormir dans tes bras et pouvoir t’embrasser.
Il appuya ses paroles d’un baiser sur sa joue et le serra un peu plus fort contre lui.
— Hm, elle t’avait dit quoi sur moi ?
Jisung pencha légèrement la tête sur le côté.
— Sujin, précisa Minho.
— Ah…
Un silence s’installa et Jisung le guida de manière à ce qu’il vienne s’allonger à côté de lui. Leurs mains se rejoignirent pour se caresser avant qu’il ne reprenne la parole.
— Tu veux vraiment le savoir ?
— Ouais.
— T’es sûr ? Parce que j’ai pas envie que ça te blesse, tu sais.
Minho haussa les épaules et leva les yeux vers son petit ami. Il intensifia les gestes sur sa main et chercha à entrelacer leurs doigts pour les serrer avec fermeté. Il aurait pu être blessé quelques jours auparavant, mais désormais il savait que Jisung l’aimait et qu’il avait complètement occulté tout ce qu’avait dit Sujin à son sujet. Il voulait seulement voir jusqu’où elle était allée pour le discréditer.
— Ça m’intrigue.
— Bon… Si tu insistes.
Jisung prit une grande inspiration.
— Elle m’avait déjà parlé de toi rapidement quand elle a évoqué le divorce de ses parents, et le fait que sa mère avait trouvé un nouveau compagnon. Mais quelques semaines avant de venir, t’es devenu son sujet principal. C’était comme une obsession.
Minho ouvrit de grands yeux ronds.
— Sérieusement ?
— Elle a dit que t’étais juste un gamin, et que tes potes et toi étiez ridicules. Pour faire plus court, elle ne t’aime pas. Elle ne te déteste pas, mais à ses yeux tu es juste un mioche capricieux et ridicule.
— C’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité là.
Jisung ne put qu’être d’accord. Sujin était l’incarnation même du caprice. Ce qu’elle désirait la nuit, elle voulait l’obtenir le lendemain. Elle pensait que tout lui était dû, que tout le monde devait se plier à ses exigences. C’était bien ce qu’elle avait fait avec Jisung. Elle le voulait, et elle avait tout fait pour l’avoir. Elle se fichait des sentiments des autres tant que ses attentes étaient comblées.
— Elle m’a plusieurs fois répété de ne surtout pas t’approcher et de te parler le moins possible.
— À t’entendre, on dirait que je suis une menace, s’amusa-t-il.
Jisung le fixa, ses yeux s’étaient assombris. Il glissa juste assez pour atteindre les lèvres de son petit ami.
— Faut croire que c’était le cas, elle avait pas tort, murmura-t-il contre sa bouche.
Il se recula et constata que les joues de Minho s’étaient empourprées.
— Tu vois, elle savait très bien que tu me ferais tourner la tête.
— Arrête… Je comprends toujours pas ce que tu me trouves.
— Minho, j’aime ta personnalité, j’aime ton sourire, j’aime ta façon d’être. Est-ce que je continue ou c’est déjà trop embarrassant pour toi ?
Le concerné chercha à se cacher contre le torse de Jisung, mais ce dernier l’en empêcha.
— Hé, tu veux fuir là ?
— Non, c’est juste… C’est hyper gênant.
— Tu demandes, je réponds. De quoi tu te plains ? Tu assumes plus à ce que je vois.
Du plat de la main, Minho le repoussa tout en riant. Jisung en profita pour lui attraper le poignet et le faire pivoter sur le dos. En deux temps trois mouvements, il se plaça au-dessus de lui, les genoux de part et d’autre de son bassin. Il plongea dans son regard, le corps de Minho se détendit instantanément.
— J’ai pas besoin de te dire à quel point tu me plais… Je pense que ça se voit, non ?
Il se mordit la lèvre, la voix de Jisung était basse et suave. Il ne pouvait pas résister à ses yeux noirs de désir, à son corps qui surplombait le sien. Il ne pouvait pas réfréner toutes les envies qu’il éprouvait à son égard. Il s’était promis de ne pas faire les choses dans la précipitation, d’attendre le bon moment et la bonne personne, mais il était complètement tombé sous son charme. Et puis, il le sentait assez sincère pour s’autoriser à faire valser les barrières qu’il s’imposait. S’il se sentait prêt, pourquoi devait-il attendre ? Il ne pouvait pas tout planifier dans sa vie, il devait laisser place à l’imprévu. Il devait accepter ce qui se présentait à lui, tout comme les sentiments qu’il avait développés. Hier, il avait mis de côté les règles qu’il s’était fixées, et il avait adoré ce qu’il avait fait avec Jisung. Et ce malgré la pointe de gêne qui ne voulait pas le quitter.
— Toi aussi tu me plais, marmonna-t-il avant de piquer un fard.
— T’es adorable. J’aime bien quand tu me dis les choses.
— Hm… Je veux que tu saches que je t’aime vraiment beaucoup…
Il tourna la tête pour échapper au regard de son petit ami, pour ne pas voir le sourire satisfait qui étirait ses lèvres. Jisung délaissa son poignet pour venir lui caresser la joue. Leurs yeux se plantèrent les uns dans les autres avant que leurs bouches ne se trouvent d’un commun accord. Impossible de résister. Impossible de ne pas instaurer le contact. Ils s’embrassèrent lentement, avec délicatesse, comme si le temps s’était arrêté.
— Moi aussi je t’aime vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup.
La porte de la chambre d’en face claqua pour les sortir de leur bulle de bonheur. Jisung se détacha précipitamment de Minho afin de s’installer à côté de lui, pressant machinalement sur son entrejambe pour se débarrasser de son excitation le plus vite possible. Si quelqu’un entrait, et plus précisément Sujin, ils allaient éveiller ses soupçons. Des pas retentirent et s’éloignèrent. Ils expirèrent tout l’air de leurs poumons, comme s’ils avaient retenu leur souffle durant tout ce temps.
— On a eu chaud, soupira Minho.
— Très chaud.
— Je disais pas ça pour…
Jisung s’esclaffa et appuya davantage sur son bermuda.
— Tu vois pas dans quel état tu me mets ? Je sais même plus me contrôler !
Il leva les yeux au ciel, faussement agacé, puis ils rirent de concert.
— Qu’est-ce que je dois dire moi ? J’ai pas su me contrôler hier soir, la honte.
— Non pas la honte. Je te l’ai déjà dit, t’as pas à rougir de ça. Si ça t’a plu, c’est le principal. Et te voir comme ça, ça m’a plu aussi.
Minho répondit d’un son de gorge avant de plaquer les deux mains sur son visage. Ses joues étaient brûlantes. Il n’arrivait toujours pas à réaliser qu’il avait passé plusieurs étapes en même pas deux jours.
— Vraiment, on va à ton rythme Minho.
— J’ai pas d’expérience, bredouilla-t-il contre ses paumes.
— Je m’en fiche de ça. Et je suis là si t’as besoin de me parler de tes doutes, de me poser des questions, n’importe quoi. Je vais pas te juger et ce sera toujours toi en priorité. Y’a rien qui presse. Si tu veux qu’on prenne notre temps, on prendra notre temps.
— Je sais plus ce que je veux justement…
Il écarta lentement les doigts de devant son visage pour lancer un regard à Jisung.
— C’est-à-dire ?
— C’est… Enfin peut-être que j’ai vraiment envie d’aller plus loin sans attendre après je ne sais quoi.
— C’est toi qui décides. Vraiment, on fait comme tu veux.
Jisung lui saisit une main pour dévoiler la moitié de son visage et déposer un tendre baiser au coin de sa bouche. Minho se redressa, désireux de plus qu’un simple contact chaste et bref. Il attrapa la nuque de son petit ami entre son pouce et son index, puis le guida afin que leurs lèvres se scellent à nouveau. Il voulait arrêter de trop cogiter et juste profiter. Il aviserait plus tard, l’instant présent était plus important que tout.
***
Hello ☀️
Nouveau petit chapitre, on s'approche tout doucement de la fin de Summer ! Le 27 arrivera soit ce week-end si j'ai le temps de poster, ou alors lundi prochain à la même heure.
J'espère que les aventures de Minho et Jisung vous plaisent.
Prenez soin de vous, et à bientôt pour la suite 💜
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