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• chapitre 19

Chaque jour qui passait rendait Minho un peu plus impatient, mais aussi un peu plus amer. La dernière soirée qu'il avait passée avec Jisung avait été idyllique, et il ne cessait de la ressasser. Tout était parfait, ils avaient pu profiter de la présence de l'autre, même s'ils ne pouvaient pas faire tout ce dont ils avaient envie. Ils n'avaient pas parlé de Sujin, préférant se concentrer sur le moment présent qui leur était offert. Lorsqu'ils étaient revenus à la villa, ils avaient dû se quitter bien qu'ils n'en aient aucune envie. Minho avait rassemblé tout son courage pour proposer à Jisung de dormir avec lui, mais ce dernier avait refusé. À contrecœur. Sujin n'avait pas manqué de se faire entendre dès leur retour, et Jisung ne voulait pas abuser. Déçu, Minho était allé se coucher seul, mais la tête pleine de souvenirs. 

Aujourd'hui, il ne savait plus sur quel pied danser. Il était perdu. Il avait parfois envie d'y croire, mais aussi de baisser les bras. Il avait l'impression d'avoir eu trop d'attentes par rapport à Jisung. Peut-être n'obtiendrait-il jamais autant d'attention qu'il était prêt à lui donner. Les jours défilaient, les vacances ne seraient pas éternelles.

— Et donc, ça avance ou…

Il interrompit la question de Chan d'un soupir.

— Pas pour le moment. Tu vois bien.

Minho fit la moue, un petit mouvement du menton en direction de la piste de danse, puis il se cala contre le dossier de sa chaise. Ils s'étaient tous rejoints au café pour passer la soirée entre amis et, visiblement, Sujin avait eu la même idée. Elle était là avec Jisung et certaines de ses amies qu'elle avait rencontrées deux ans auparavant. Minho ne les appréciait pas, elles étaient trop comme elle, trop exubérantes, et il en avait presque peur. Il n'était déjà pas très à l'aise avec la gent féminine, mais si elles se montraient excentriques, il préférait se tenir en retrait. Sujin l'avait invité une fois à une de ses sorties. Une fois, pas deux. Elle avait sans doute été forcée par sa mère, et elle n'avait pas manqué de faire remarquer que Minho avait passé son temps à bouder. En réalité, il était juste timide et incompatible avec ce genre de personnalité. Il n'était bien qu'avec ses amis, car il savait qu'ils ne le jugeraient pas.

— Il est encore avec elle ? grimaça Hyunjin. 

— Oui ! Ça se voit pas ?

— T'énerve pas Minho, c'est juste qu'on cherche à comprendre ce qui se passe.

— Moi aussi je demande qu'à comprendre. Mais j'en sais rien et j'attends, parce que je peux rien faire d'autre.

Il soupira à nouveau et croisa les bras sur son torse. Il en avait assez de devoir attendre, mais que pouvait-il faire de plus ? Jisung lui avait assuré vouloir que quelque chose se passe entre eux, mais qu'il ne ferait rien tant que Sujin et lui formeraient un couple. Minho le croyait, il n'avait aucun doute là-dessus, mais il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Pourquoi étaient-ils ensemble ? Il devait forcément avoir une raison valable, une raison qui obligeait Jisung à rester dans cette situation et qui le mettait en mauvaise posture.

— Mais quand même, t'es là à attendre qu'il quitte sa copine et lui il va se trémousser avec elle.

Chan lança un regard noir à Jeongin.

— Il a sûrement ses raisons.

— Oui, et toi tu aurais toutes les raisons de t'énerver et de lui demander une bonne fois pour toutes ce qui ne va pas.

Minho se mordit la lèvre inférieure. Même si son ami était un peu bourru et franc dans ses paroles, il ne pouvait pas nier qu'il disait la vérité. Pour une fois, il ne lui en voulait pas, il comprenait sa réaction. Lui-même commençait à perdre patience, et cela jouait fortement sur son moral. Côtoyer Jisung tous les jours et le voir collé à sa petite amie, ce n'était pas chose facile. C'était même difficilement supportable. Il se demandait sans cesse s'ils allaient pouvoir avancer, s'il n'allait pas finir les vacances ainsi, amoureux de quelqu'un qu'il ne pourrait jamais avoir. Amoureux d'une illusion.

Il serra les poings quand Jisung croisa son regard alors qu'il tenait Sujin dans ses bras. La musique s'était faite plus lente et leurs mouvements plus langoureux. Il fulminait. Il avait envie d'exploser de rage tant ils étaient proches. Jisung avait promis qu'il lui expliquerait tout, mais le temps passait et la discussion ne venait pas. Tout était au point mort depuis plusieurs jours.

— Allez, pense à autre chose et…

Il se leva d'un bond quand la jeune femme passa les bras autour du cou de Jisung, et que celui-ci lui attrapa la taille. Ses mains si larges s'y calaient parfaitement et Minho se sentit envahi d'un sentiment puissant qui lui broya les entrailles. De la jalousie. C'en était trop. Il n'avait jamais ressenti ça auparavant, et il n'arrivait pas à canaliser cette énergie négative qui le submergeait.

— Tu vas où ? s'inquiéta Chan qui se levait à son tour.

— J'me casse ! J'ai pas envie d'en voir plus, ça me dégoûte.

Il poussa la chaise et pressa le pas pour fuir le plus vite possible, loin de cette scène qui le rendait malade.

— Minho, attends !

— Fous-moi la paix, j'ai pas envie de parler !

Il laissa ses amis en plan après avoir repoussé Chan qui tentait de lui attraper la main. Il ne voulait voir personne, il ne voulait pas qu'on vienne le consoler ou le plaindre. Il souhaitait simplement rentrer à la villa et retrouver sa chambre.

— Minho !

— Dégage je t'ai dit !

— Minho, arrête, s'il te plaît.

Son cœur loupa un battement lorsqu'il comprit que cette fois, ce n'était pas Chan qui le suivait, mais bel et bien Jisung. Il donna un coup brusque pour qu'il le lâche et il accéléra la cadence.

— Écoute-moi !

— J'ai pas envie de t'écouter. Je veux rentrer et qu'on me laisse tranquille.

— J'ai pas envie de te laisser tranquille.

— T'as pas envie de respecter mes limites en fait ?

Jisung se mit à trottiner pour le rattraper et se positionner à ses côtés. Minho ne le regarda pas. Il restait fixé sur son objectif, les yeux droit devant, avec le seul but de rentrer.

— C'est pas ça, faut vraiment qu'on parle.

— C'est pas seulement quand toi tu le décides. Ça fait des jours qu'on se dit rien et là je te vois accroché dans ses bras, pendu à ses lèvres…

— C'est pas si facile !

— Et arrête de crier tu vas rameuter tout le quartier !

Minho marcha si vite qu'il rejoignit la villa en un temps record, Jisung sur ses talons. Il passa sur le côté pour rejoindre l'arrière de l'habitation et il fit valser ses baskets dehors avant de s'installer au bord de la piscine. Les pieds dans l'eau, il se concentra pour retrouver une respiration normale, mais il ne décolérait pas. Il saisit son téléphone pour répondre à Chan qui lui demandait de se calmer, puis le reposa sur le côté.

— Minho…

— Dégage. Tu m'énerves.

— Moi aussi je m'énerve.

Il pouffa de rire à cette réponse.

— Tu t'énerves parce que t'es incapable de prendre une décision ?

— Oui, entre autres.

— Fallait réfléchir avant de me faire croire que je t'intéressais. Mais c'est vrai, qui veut d'un gamin débile qui se paye des boutons tous les quatre matins alors que Monsieur fils à papa est à l'université et qu'il se tape une meuf bien roulée comme Sujin ! Comme si je faisais le poids ! Je suis vraiment trop con !

Minho chercha à se relever lorsqu'une main s'abattit dans son dos pour le pousser. Il perdit l'équilibre et se retrouva dans la piscine, trempé des pieds à la tête. Une fois à la surface, il reprit son souffle et bascula les cheveux vers l'arrière pour dégager ses yeux.

— Mais t'es malade ! cria-t-il.

— Et toi oui, t'es vraiment trop con ! Ça t'a remis les idées en place ?

Il resta coi quelques secondes, il ne comprenait plus rien à ce qui était en train de se passer. Il ne savait même plus s'il devait faire confiance à Jisung ou s'il devait le fuir comme la peste. Mais quand il le vit retirer ses chaussures et poser son téléphone à côté du sien pour sauter à son tour dans l'eau, il eut l'impression que tous ses griefs s'envolaient.

— T'es vraiment…

— Le pire des abrutis ? demanda Jisung en avançant dans l'eau. Si tu veux. Mais je suis un abruti qui sait plus comment s'y prendre et qui voudrait juste pouvoir t'embrasser.

Minho se retrouva rapidement contre le rebord de la piscine, coincé par Jisung qui venait l'encadrer de ses bras. Il l'observa avec attention. Ses longs cheveux lui collaient à la peau, tout comme son t-shirt blanc qui dévoilait ses épaules larges et musclées. Instinctivement, Minho posa une main sur son torse et son regard fut attiré par ses lèvres entrouvertes. Lui aussi, il mourait d'envie de l'embrasser. Ses doigts se crispèrent sur le tissu mouillé et il ferma les yeux. Le souffle de Jisung était proche, si proche, que son estomac se retourna violemment. Il glissait parfaitement sur sa bouche, sur son visage, et il ne put rien faire de plus que de tirer sur son t-shirt.

Leurs lèvres se trouvèrent pour la toute première fois, Minho renforça sa poigne sous l'excitation qui s'emparait de tout son être. Mais sa raison fut plus forte. Il tourna la tête pour mettre un terme à ce baiser.

— Minho…

— T'avais dit que tu ferais rien, bredouilla-t-il.

— Je sais…

— Alors arrête ça tout de suite et laisse-moi partir. En plus j'ai pas envie que mon père nous voie.

Minho tenta de se défaire, mais Jisung s'approcha davantage de lui.

— Je recommencerai plus, je te le promets, mais je vais tout t'expliquer.

— M'expliquer quoi ?

— Pourquoi je suis avec Sujin.

— Vraiment ? Tu vas vraiment tout m'expliquer ?

Jisung hocha la tête, résigné. Minho expira de soulagement. Il avait besoin de savoir, et le moment était enfin venu. Ils sortirent de la piscine, les habits lourds et collants. Ils allèrent récupérer leurs affaires abandonnées sur le bord, puis se dirigèrent vers la maison.

— On peut pas entrer comme ça, on va se faire dégommer si on mouille tout.

En moins de temps qu'il fallait pour le dire, Jisung se débarrassa de son t-shirt et de son bermuda. Il les laissa tomber au sol, se retrouvant uniquement vêtu de son boxer. Minho déglutit. Il ne savait pas s'il allait pouvoir en faire autant. Il était toujours très pudique et n'avait pas confiance en lui. Il n'avait même pas osé se montrer en short de bain alors qu'il y avait la piscine à disposition.

— Je vais y aller avant, comme ça tu pourras te déshabiller tranquillement.

Minho le remercia et le laissa pénétrer dans la villa. Il put enfin retirer ses vêtements et, quelques secondes plus tard, son père arriva à l'extérieur, les sourcils froncés.

— Qu'est-ce que vous avez fait ?

— On a… un peu chahuté.

Il ne le regarda pas, de peur de se faire disputer pour avoir fini tout habillé dans l'eau.

— Vous n'étiez pas à la soirée au café ?

— Si, mais c'était nul. Alors on est repartis. Et Sujin voulait rester avec ses amies, se justifia Minho. Et voilà… on voulait juste s'amuser.

L'homme acquiesça avant de poser les yeux sur les habits trempés qui jonchaient le sol.

— Étends-les sur les murets, ils seront secs demain matin.

— Hm, oui, répondit-il en obtempérant.

Il se sentait tout honteux, et aussi terriblement impatient. Il voulait retrouver Jisung pour enfin découvrir tout ce que sa relation avec Sujin impliquait. Il allait enfin accéder à ce qu'il désirait et peut-être comprendre pourquoi leur histoire s'avérait compliquée. Il avait accepté qu'elle ne soit pas la plus simple, Jisung était déjà en couple, et avec la fille de sa belle-mère. Il n'acceptait cependant pas le fait qu'il soit si détaché de sa petite amie, et qu'il lui dise ne plus vouloir être avec elle alors que ses gestes montraient le contraire. Il ne voulait pas que Jisung soit un menteur et qu'il joue sur les deux tableaux. Il devait être honnête, faire un choix, et l'assumer.

— Et la prochaine fois, évitez quand même de vous balancer dans la piscine comme ça avec vos fringues sur le dos. Vous avez toute la journée pour vous baigner, alors profitez-en.

— Oui, désolé.

Minho s'excusa à nouveau et se précipita à l'intérieur. Rester dehors quelques minutes lui avait permis de se sécher en partie. D'un pas rapide, il rejoignit sa salle de bain et par chance, Jisung n'y était plus. Il put prendre le temps d'éponger ses cheveux et d'enfiler d'autres vêtements. Quand il quitta la pièce, il le vit sortir de sa chambre, vêtue d'un ensemble en coton bleu ciel, les cheveux lâchés. Il s'arrêta et le fixa, assailli par le souvenir de la sensation bien trop exquise qu'avaient provoquée ses lèvres.

— On peut aller dans ta chambre ?

Minho ravala sa salive et accepta. S'il ne le faisait pas, ça reviendrait à tirer un trait sur son désir de vivre une histoire avec Jisung. Et il ne pouvait pas. Ils entrèrent dans la chambre, prirent soin de refermer la porte et, d'un commun accord, ils s'installèrent sur le lit. Tous deux allongés sur le côté, face à face, ils se perdirent dans leur regard. Jisung avança une main afin de replacer une mèche rebelle qui tombait sur le visage de son vis-à-vis. Minho frissonna à ce simple frôlement. Mais ce fut encore pire lorsqu'il vint lui caresser la joue. Il ferma les yeux et serra les poings.

— Fais pas ça, marmonna-t-il, la mâchoire crispée.

Jisung se recula aussitôt.

— Désolé, c'est que… J'ai très envie de te toucher. C'est pas correct, t'as raison.

— Je veux juste que tu me parles.

— Très bien.

Il inspira aussi fort que possible avant de tout relâcher.

— Je n'aime pas Sujin. Et je l'ai jamais aimée.

Minho fit de grands yeux ronds. C'était déjà une première révélation qui tapait fort, et il avait sans mal perçu la voix de Jisung s'affaiblir et trembler.

— J'ai seulement pas eu le choix.

— Pas eu le choix ? Tu veux dire une sorte d'arrangement ?

— C'est pas… Enfin…

Minho vint lui saisir la main. Il ressentait sa peine et sa douleur, elle était immense et lui prenait aux tripes. Jisung ne s'était jamais montré aussi vulnérable, il était sur le point d'éclater et de laisser ses larmes se déverser.

— Prends ton temps. Et si tu veux pas en parler…

— Si. Je dois t'en parler. Parce que je tiens à toi et que je peux pas me permettre d'encore repousser l'échéance parce que j'ai peur.

— Ok, je t'écoute alors.

Il inspira et expira de nouveau avant de venir serrer la main que Minho lui avait offerte.

— Comme je t'ai dit, Sujin a découvert que j'étais aussi branché mecs. Un peu plus que les femmes d'ailleurs. J'aime les deux mais, j'ai une préférence, c'est comme ça. Et le problème c'est qu'elle me cherche depuis l'année dernière. On avait des amis en commun, on se parlait vite fait mais sans plus, et j'ai toujours repoussé ses avances.

Minho fronça les sourcils. Il écoutait attentivement sans pour autant réellement comprendre tout ce que ça impliquait.

— Alors pourquoi avoir accepté d'un seul coup ?

Jisung passa la langue sur ses lèvres.

— Parce qu'elle m'a fait chanter.

— Attends… T'es en train de me dire qu'elle t'a obligé ? dit-il en resserrant la poigne sur ses doigts.

— Obligé non. Enfin, peut-être.

— Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

— Elle m'a vu à une soirée dans un club. Je fais super attention aux endroits où je vais, pour pas risquer de me faire capter par des gens de l'université et pouvoir m'amuser sans devenir parano. Elle était au mauvais endroit, au mauvais moment.

— Elle t'a stalké ! s'indigna Minho.

Il n'en revenait pas. Plus la conversation avançait et plus il sentait une irrépressible colère grimper en lui. Il avait envie de retourner au café, d'aller voir Sujin et de lui balancer ses quatre vérités. Quand il voyait dans quel état était Jisung… Il ne savait pas s'il serait capable de se retenir avec Sujin face à lui.

— J'en sais rien, ça je peux pas le prouver. Mais elle m'a vu avec deux gars, on était en train de se chauffer et elle a compris. En même temps c'était assez clair que j'étais pas là pour me faire des potes. Je l'ai suppliée de ne rien dire à personne, tu sais comment ça se passe ce genre de nouvelles…

Minho acquiesça. Il comprenait parfaitement les craintes de Jisung, elles étaient légitimes. Comment aurait-il réagi face à une telle situation ? Il aurait sans doute eu très peur que les autres découvrent son homosexualité. Que son père soit mis au courant et qu'il le rejette. Il ne pouvait même pas imaginer ce qui se passerait s'il devait l'avouer.

— Elle a menacé de tout dire, que ce soit à la fac ou à mes parents. Ma mère est connue. Mon père a une carrière en or, une énorme entreprise, et il veut que je reprenne plus tard. Alors tu imagines si il apprend que son fils aime…

Il marqua une pause et souffla un bon coup.

— Tu veux reprendre ?

— J'en sais rien. Mais je veux pas que ça lui porte préjudice. Tu sais, c'est toujours mieux quand des gens comme nous se cachent. On dérange dans la société parce qu'on est pas construit de la même manière, alors on s'adapte et on accorde notre confiance qu'à certaines personnes.

— Hm, je sais ce que c'est. Mais quand même, tu crois pas que c'est un peu extrême ? Je veux dire… Tu acceptes de sortir avec elle parce que t'as peur du jugement. Tu te mets totalement de côté, quitte à souffrir. Elle profite de cette situation pour obtenir ce qu'elle veut, elle a aucun respect pour tes limites.

— Tu aurais fait quoi à ma place ?

La question fit réfléchir Minho. Oui, qu'aurait-il fait s'il s'était trouvé dans cette situation ? Si quelqu'un était sur le point de balancer son plus lourd secret à son père ? Il aurait forcément hésité. Il n'aurait pas eu la force de lutter. Il était faible et apeuré, comment aurait-il pu tenir tête au risque de tout perdre ? Mais en même temps, peut-être était-ce une occasion de tout balancer, de vider son sac une bonne fois pour toutes.

— J'en sais rien… marmonna-t-il. C'est une situation horrible et très compliquée.

— Exactement.

Il caressa la main de Jisung et se glissa un peu plus près de lui. Leurs jambes se touchèrent, il s'amusa doucement avec ses pieds.

— Je croyais que tu voulais pas que je te touche ?

— Hm.

Jisung laissa filer un petit rire et répondit aux caresses de Minho.

— Mais ça n'empêche pas qu'elle a pas le droit de te faire ça. On force pas les gens à nous aimer, c'est inhumain.

— Je sais. Je l'aime pas, et je l'ai jamais aimé. Mais je sais juste pas quoi faire. Je suis pas le gars fort et admirable auquel tu t'attendais, au contraire je suis faible et j'ai peur.

— Tu te rends compte de ce que tu dis ? T'es pas faible, tu te mets de côté parce que tu veux pas blesser les autres et ça c'est un truc qui te rend fort.

— Je suis terrifié Minho.

Jisung chercha à se blottir dans ses bras, tout contre son torse, alors il l'accepta sans hésiter. Il l'enlaça et le garda près de lui, le cœur battant à vive allure. Il n'aurait jamais imaginé être celui qui consolerait Jisung. Mais il en avait besoin. Il lui montrait enfin qui il était, il lui faisait confiance.

— Je suis désolé…

— T'as pas à t'excuser.

— Si, parce que je te mets dans l'embarras. Je te dis que tu me plais en sachant très bien que ça va être hyper dur de gérer tout ça. Je te dis que je veux rien faire tant que je serai en couple avec elle, mais je sais même pas comment y mettre un terme.

Minho passa une main dans ses longs cheveux. Jisung était quelqu'un de bien, même avec les personnes qui le faisaient souffrir, il s'obstinait à bien agir. Il aurait très bien pu n'en avoir rien à faire et tromper Sujin. Ce n'était même pas de la tromperie puisqu'il n'avait aucun sentiment pour elle et que de surcroît, elle le forçait à vivre cette relation. Il était perdu, mais cela n'altérait en rien ce qu'il ressentait pour Jisung.

— Je peux pas le faire à ta place. C'est ta décision. Et je comprends totalement que t'aies pas envie de prendre le risque qu'elle balance tout à tout le monde.

— J'aurais dû porter mes couilles et lui dire non dès le départ.

— C'est pas si facile, j'imagine.

Jisung hocha la tête.

— Et en même temps, je t'aurais pas rencontré. Alors peut-être que c'est un mal pour un bien.

— J'aurais préféré que tu n'aies pas à subir ça, même si ça signifiait ne jamais pouvoir faire ça.

Minho l'étreignit plus fort et, dans un élan de courage, il déposa un baiser appuyé dans ses cheveux. Il avait terriblement envie d'en faire plus, mais il voulait aussi respecter Jisung. S'il avait décrété qu'il ne ferait rien tant qu'il y avait Sujin, alors il n'irait pas contre sa volonté.

— Je te jure, j'ai envie de la dégommer. Comment on peut être aussi… insensible ?

— C'est Sujin, elle pense à elle avant tout. Les sentiments des autres lui importent peu.

Minho soupira. Il avait vu tout ça, mais il ne pensait pas qu'elle pourrait être aussi égoïste et sournoise. Il réfléchit à tout ce que cela pouvait impliquer, à tout ce que Jisung faisait contre son gré, et il préféra chasser certaines images de son esprit.

— J'espère que… qu'elle t'oblige pas à…

— Non ! réagit aussitôt Jisung. Encore heureux il manquerait plus que ça !

— Ouf, j'ai eu peur ! Sinon j'allais vraiment lui refaire le portrait.

Jisung ne put rien faire à part pouffer de rire, Minho le suivit. Il ne s'énervait pas facilement, il était plutôt du genre à subir sans rien dire, à laisser couler, mais là, il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une rage énorme.

— Je suis content que tu m'en aies parlé. Et je suis désolé d'avoir eu une réaction pareille au café. Si j'avais su ce que tu vivais, j'aurais pas…

— C'est bon, l'interrompit Jisung en relevant la tête. Ce que t'as ressenti, c'était légitime. Et t'as bien fait, ça m'a aidé à bouger. J'ai pas envie de te perdre, tu sais.

Le rouge aux joues, Minho papillonna des yeux.

— Et je vais trouver une solution.

— Je veux pas que tu te mettes dans une situation dangereuse avec ta famille ou à l'université.

— J'ai pas un million de possibilités. Soit je continue à me laisser mener par une personne que je n'aimerai jamais, soit j'arrête tout ça pour enfin être libre.

— Jamais je te forcerai à faire ce dont tu n'as pas envie.

— Je sais Minho. Merci.

Il revint se lover dans ses bras et Minho continua à lui caresser les cheveux. Il ne savait pas combien de temps il attendrait, comment les choses évolueraient, mais pour le moment tout ce qui comptait était d'être là pour soutenir Jisung.

•••

Hellooo ☀️
Ça y est, c'était le moment des révélations ! Ça devrait avancer entre eux maintenant 👀
À bientôt pour la suite 💜

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