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🏵️ chapitre 21

Pendant le reste de la nuit, Chan n'avait pas fermé l'œil. L'orage s'était dissipé, la pluie avait fini par cesser, mais il s'était efforcé de rester éveillé. Il avait gardé Minho dans ses bras, tout contre lui, avec la peur au ventre. Il était terrifié à l'idée qu'il tente de s'en aller à nouveau, à l'idée de le voir disparaître dans la mer. Il s'était finalement endormi après avoir pleuré toutes les larmes de son corps. Et Chan avait le cœur en miettes. Minho était complètement brisé, anéanti, il se croyait foutu, irréparable. Mais lui, il ne pouvait pas y croire. Il voulait l'aider, lui montrer qu'il pouvait continuer à vivre, à sourire, à illuminer le monde de sa présence. Il n'avait peut-être pas toutes les informations concernant le drame auquel il avait dû faire face, mais il savait que son compagnon de voyage pouvait s'en sortir. Il était fort malgré ses blessures, malgré cette folie qui le tourmentait. S'il avait survécu toutes ces années, ce n'était pas pour rien.

Chan resserra son étreinte sur le corps nu de son amant. Il enfouit le nez dans ses cheveux et inspira à pleins poumons son parfum. Il était là. Il était bel et bien là. Et il ne le laisserait pas partir. Il ferma les yeux et déglutit. Les images sordides de cette nuit tournaient en boucle dans son esprit. Il le revoyait marcher sur le sable, en direction de la mer, tel un robot. Puis les vagues déchaînées qui cherchaient à l'engloutir, à l'arracher à cette réalité qui le faisait souffrir. Il revoyait son visage éteint, ses yeux larmoyants et sans aucune émotion. Il l'entendait dire qu'il voulait mourir. Et il l'enlaça encore plus fort. Il repensa au douloureux secret que ses bracelets dissimulaient, à ces marques blanches qui ornaient ses poignets. Il avait tellement souffert pour en arriver là.

— Tu m'étouffes…

Chan se recula d'un petit bond, surpris par la voix encore endormie de Minho. Il planta le regard dans le sien et un sourire empreint d'un mélange de tristesse et de bienveillance se dessina sur son visage.

— Désolé.

— Je vais pas m'envoler, t'as pas besoin de me tenir comme ça.

Minho tenta de se défaire de l'emprise de Chan, mais ce dernier l'en empêcha. Ils se fixèrent intensément durant des secondes, le temps semblait s'étirer.

— Tu me regardes encore de cette façon ?

— Comment je pourrais te regarder autrement ? J'ai eu si peur. Si peur de te perdre.

Minho baissa la tête pour se coller tout contre son partenaire. Chan sentit son souffle contre sa peau, ses mains se crisper dans son dos, son corps en demande d'attention. Son cœur en demande d'amour. Il avait vu Minho dans son pire aspect, dans une détresse si immense qu'il avait l'impression d'avoir vécu un véritable cauchemar. Il avait eu, en face de lui, une porte grande ouverte vers la mort. Et ça l'effrayait. Mais il avait aussi de la peine. Comment quelqu'un pouvait en arriver là ?  Comment une personne comme Minho, qui respirait la joie de vivre, avait pu cacher une telle souffrance ? Il était prêt à commettre l'irréparable, il avait dû vivre des moments atrocement douloureux.

— J'suis désolé, bredouilla Minho contre lui.

Chan planta une main dans ses cheveux et déposa un baiser appuyé sur le haut de son crâne.

— T'as pas à t'excuser.

— J'sais pas ce qui m'a pris et… j'voulais pas te mettre dans une situation pareille. Je t'ai mis en danger.

— Arrête. C'est fini maintenant. T'es là avec moi, et j'te lâcherai pas.

Minho lâcha un rire.

— T'es un pot de colle.

— Et je le serai encore plus maintenant, murmura-t-il.

Il prit une profonde inspiration et serra Minho davantage. Il était bien là, près de lui, dans ses bras. Il sentait son cœur battre, il sentait son souffle chaud s'échouer sur sa peau. Il ne voulait plus le lâcher de si tôt, il voulait qu'ils restent ainsi encore longtemps. Mais ils ne pouvaient pas.

— Chan… je voudrais me rhabiller.

Il acquiesça et le laissa se détacher de lui, même s'il n'en avait pas envie. Nu comme un ver, Minho sortit de sous les draps pour s'installer sur le bord du lit. Chan le suivit et l'observa enfiler de nouveaux vêtements. Ses gestes étaient lents, apathiques. Il voyait à quel point il était affaibli, à quel point il avait mal. Chaque mouvement réalisé semblait être une épreuve insurmontable. Il avait envie de l'aider, mais il craignait d'en faire trop, d'empiéter sur son espace vital. Il ne voulait pas l'infantiliser, il n'était pas sûr qu'il apprécierait. Une fois habillé, il revint prendre place sur le lit et y posa également ses bracelets afin de les remettre.

— Ils étaient trempés… dit Chan.

Il esquissa un sourire malgré la tristesse qu'il ressentait en voyant les poignets amochés de Minho.

— Hm, t'as pas à être gêné de me les avoir retirés.

— Peut-être que t'avais pas envie que je voie ça, je veux pas te mettre mal à l'aise.

Minho pouffa de rire et commença à remettre ses nombreux bracelets tressés.

— Tu sais, tu m'as vu sur le point de crever, alors ça c'est rien du tout. J'aurais préféré que tu voies mes poignets plutôt que… ce qui s'est passé cette nuit.

Un lourd silence prit place dans le van tandis que Minho continuait de recouvrir ses avant-bras avec précaution. Chan le scrutait, sans rien dire, mais l'esprit tourmenté de dizaines de questions auxquelles ils ne pourraient pas répondre seul. Et des réponses, il en avait besoin. Si ce n'était pas maintenant, il espérait que Minho serait en mesure de se confier à lui dans les jours à venir. Il ne pouvait pas rester dans le flou, il ne pouvait pas imaginer repartir pour la Corée comme ça, dans l'ignorance la plus totale. Il avait été sur le point d'assister à un drame, il avait besoin de comprendre.

— Il s'appelait Jiwoong, c'était mon frère et il est mort il y a cinq ans, lança Minho.

Chan se redressa, les yeux écarquillés devant la soudaine déclaration de son compagnon de voyage. Il ne dit rien, mais il posa une main sur sa cuisse en signe de compassion. Il pouvait lui parler, il l'écouterait. Il était prêt à tout entendre, à tout découvrir. Cet instant, ces confidences, il les avait attendus. Il regrettait un peu d'avoir cherché à savoir ce que Minho dissimulait, mais maintenant qu'il était sur le point de tout lui dire, il se sentait soulagé d'avoir attendu qu'il choisisse le bon moment. Il aurait pu encore tout garder pour lui malgre ce qui s'était produit, et Chan aurait respecté son silence.

— Il surfait beaucoup, il adorait ça. Et un jour, alors que la mer était déchaînée, il y est allé. Il s'est cogné contre des rochers, ça lui a été fatal.

— J'suis vraiment désolé pour tout ça, marmonna Chan, le voix brisée par l'émotion.

Minho ravala sa salive et renifla. Les larmes lui montaient aux yeux, mais il battait des cils pour tenter de les contenir.

— J'ai pas… j'ai pas réussi à surmonter ça. Il était tout pour moi. J'avais aucune honte de me confier à lui, il me jugeait jamais. C'était un grand frère exemplaire, c'était mon modèle, c'était mon seul ami.

Chan en eut le coeur un peu plus meurtri. Minho avait dû se sentir abandonné, terriblement seul. Il avait perdu celui qui le comprenait, celui qui était son confident. Sa peine ne pourrait jamais disparaître, c'était le genre d'événement tragique dont on ne se remettait jamais. Il comprenait désormais la réaction étrange qu'il avait eu lorsqu'il lui avait annoncé faire du surf. Il comprenait pourquoi Minho regardait la mer avec nostalgie. Il comprenait pourquoi il cherchait à fuir cette réalité bien trop cruelle. Tout s'expliquait.

— J'suis parti peu de temps après, parce que j'étais incapable de rester chez moi alors que tout me rappelait ce qui était arrivé. Quand je rentrais et que sa porte de chambre était ouverte, mais qu'il y avait personne. Quand j'étais à table avec mes parents, et qu'il y avait une chaise vide face à moi.

Minho serra les poings, ses bracelets avaient tous repris leur place initiale.

— On avait des rêves tous les deux, on voulait voyager, on voulait prendre la route, aller à des concerts, s'amuser, profiter de la vie. On était juste insouciants, et j'ai perdu cette insouciance du jour au lendemain.

— Et venir ici, ça faisait parti de vos projets ?

— Je lui ai fait une promesse, celle de partir à Half Moon Bay avec lui.

— Et tu as tenu cette promesse.

Il acquiesça et s'essuya les joues d'un revers de la main. Chan l'aida. Il épongea les larmes qui continuaient de couler, même s'il souhaitait faire bien plus que ça. Il aurait pris sa peine s'il en avait eu la possibilité.

— Il est avec toi, dans ton coeur.

Minho secoua négativement la tête, un sourire collé au visage. Il se pencha vers le petit meuble en bois pour en ouvrir la porte. Il retira quelques affaires avant de sortir une urne funéraire. Chan fit de grands yeux ronds. Il ne s'attendait pas à ça et il se sentit même embarrassé pour il ne sut quelle raison. Peut-être que s'il avait su que Minho se baladait avec l'urne de son frère, il n'aurait pas fait certaines choses dans ce van.

— Il était avec moi tout ce temps.

La conversation qu'il avait eue avec Héléna faisait sens désormais. Il l'avait emmené son frère à tous les endroits qu'il aurait aimé voir. Il avait réalisé leurs rêves, et Chan trouvait ça courageux d'avoir entamé un tel périple. Minho avait dû en baver. Toutes ces années loin de chez lui, sans personne avec qui discuter de ce drame, sans personne avec qui partager sa peine. Il reposa l'urne où il l'avait trouvée.

— Au fait, qui est vraiment Héléna ?

— Sa copine. Et Jake est leur fils. Sauf que malheureusement, il a jamais connu son père.

Chan hocha lentement la tête pour assimiler cette nouvelle information.

— Tonton Minho c'est pas juste un surnom, avoua-t-il enfin. J'suis vraiment son oncle.

— Mais est-ce qu'il sait…

— Héléna a essayé de lui expliquer avec des mots d'enfants, mais j'crois qu'il réalise pas encore vraiment tout ce que ça signifie. C'est déjà dur pour nous de comprendre, alors pour un gamin de cinq ans… Il sait qu'il a un père, un père qui aurait été formidable avec lui, mais c'est abstrait pour lui.

— Ça doit être tellement dur pour vous tous.

Il saisit une main de Minho dans la sienne pour la serrer de toutes ses forces. Il avait tellement mal au coeur pour toutes les personnes touchées par cette tragédie. Il n'imaginait pas à quel point c'était douloureux, mais il compatissait. Toute une famille avait volé en éclat. Des avenirs détruits, des vies changées à jamais. Tous les mots bienveillants ne pouvaient rien y changer et pourtant, Chan les prononçait quand même. Parce qu'il ne pouvait faire que ça. Il pouvait dire à Minho qu'il était là s'il avait besoin, qu'il était prêt à l'écouter, qu'il était prêt à le soutenir.

— Quand j'suis parti de chez moi, j'avais deux certitudes.

— Lesquelles ?

— Que j'irais à chaque endroit qu'on avait prévu de visiter, et que je le rejoindrais pour de bon.

— Minho…

Chan resserra sa poigne, terrifié à l'idée de le voir partir une nouvelle fois.

— Mais… tu…

Minho ferma les yeux et fut secoué par d'intenses sanglots. Aussitôt, son camarade l'attrapa dans ses bras pour l'étreindre aussi fort qu'il put. Il le garda près de lui, une main plongée dans sa chevelure afin qu'il repose la tête contre son épaule.

— T'es arrivé et t'as chamboulé tous mes plans…

Chan expira lentement, les yeux embués de larmes. Il prenait conscience du rôle qu'il venait de jouer. S'il n'était pas parti avec Minho, ce dernier aurait mis fin à ses jours.

— J'étais complètement désorienté avec toi. Je savais plus comment m'en sortir, comment partir… Je fume moins depuis que t'es là, et avant je le faisais pour pas penser à ce qui m'attendait, pour atténuer la douleur. Ça me permettait de patienter jusqu'au jour où j'avais prévu de me foutre en l'air.

Ses pleurs ne cessèrent pas. Plus il parlait et plus il lâchait toute la tristesse enfouit au fond de lui.

— Je te laisserai jamais partir, murmura Chan. Je te permettrai pas de partir.

— Ça je l'ai su à la première seconde où j'ai croisé ton regard, avoua-t-il entre deux sanglots. Et peut-être qu'en fait, je voulais pas vraiment crever. Peut-être que c'est pour ça que j'ai accepté que tu viennes avec moi.

Chan ne put que sourire. Minho aurait pu refuser, partir sans rien lui dire et ainsi éviter de l'avoir dans les pattes pour pouvoir agir en toute tranquillité. Mais il ne l'avait pas fait. Il avait accepté qu'il le suive. Qu'il le sauve. Son instinct de survie avait été plus fort que le reste et pour cela, Chan le trouvait fort et brave. Il avait dû renoncer à ce qu'il avait prévu depuis des années. Et ça le touchait.

— Merci, Chan.

— Me remercie pas, c'est normal ce que j'ai fait.

— Non, pas pour ça. Merci d'avoir croisé mon regard sur la plage, merci d'être venu vers moi et d'avoir cru en moi.

— T'es formidable Minho. Tout ce que t'as traversé… t'es la personne la plus forte que je connaisse.

Entre les larmes, Minho lâcha un rire. Il se blottit contre Chan avant de venir déposer un tendre baiser sur ses lèvres. D'un commun accord, ils se détachèrent l'un de l'autre pour se fixer droit dans les yeux. Ils échangèrent un sourire, la vision embuée et le cœur battant à tout rompre.

— Je crois que…

— Non Chan, l'interrompit-il. Ne le dis pas.

— Pourquoi ? Tu sais même pas ce que je veux dire.

— Si j'le sais très bien. Et j'veux pas que tu le dises. Je veux pas qu'on souffre tous les deux.

Chan acquiesça, il comprenait où Minho voulait en venir. Ils allaient finir par se quitter, par retrouver leurs vies respectives, et les sentiments allaient s'atténuer. Ils ne s'oublieraient pas, mais ils seraient loin l'un de l'autre. Alors pour le moment, ils devaient simplement profiter du temps qu'il leur restait pour être heureux à deux.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Chan.

Minho prit une grande inspiration et entrelaça ses doigts avec ceux de son compagnon.

— J'ai encore quelque chose à faire ici. Et après, je pourrai enfin rentrer à la maison.

••

Bonjour 🥹
Encore un chapitre riche en émotions, et c'est pas fini, je vous le dis !
Merci pour vos retours sur le chapitre d'avant ❤️ Il était important pour moi, comme cette histoire entière finalement. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, surtout à celui de Minho.

Sinon j'ai bientôt fini de l'écrire, je suis arrivée au 27 et elle en fera 30. J'ai hâte de vous poster la suite, et en même temps j'ai pas hâte de la terminer 🤧
La suite arrive vendredi, en attendant prenez soin de vous 💜



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