Chapitre 1
Je ne pensais pas que ma journée pouvait être pire, mais j'avais tort. Malgré mes capacités, je n'avais pas pu avoir le dessus contre cette créature. Je n'avais jamais vu rien de tel, pourtant, je pensais connaître tous les s, du moins d'origine.
Le mot regroupe toutes les créatures à moitié humaine et à moitié animale. Quand je parle d'origine, je parle de la partie animale. Nous avions une liste de tous les groupes qui existaient, et cette créature n'en faisait pas partie.
Comme si ça ne suffisait pas à mon malheur, alors que je cicatrisais lentement, après avoir retrouvé forme humaine, dans un coin sombre à l'abri du regard, du moins je le pensais, étant nue en plus d'être blessée, un homme m'a vu. Je suis épuisée, je commence à avoir faim, ma vue se brouille, ce n'est vraiment pas le moment pour que cet homme se prenne pour un héros en me parlant de me sauver.
Je ne peux rien dire qu'il me prend mon poignet droit. Je n'ai pas la force de le retirer quand je vois ses crocs. Je pousse un cri avant de sombrer dans le néant.
Je me réveille dans une chambre inconnue avec une douleur atroce au poignet. Non, tout, mais pas ça. Je regarde mon poignet, putain, il avait osé !
- La belle au bois dormant est réveillée.
Ce n'est pas l'homme de la veille. Peut-être est-ce même encore le soir ? Peu importe. Je me lève rapidement, le plaque contre le mur et l'agrippe par le col de sa chemise de ma main droite.
- Tout doux ma belle. Si tu as envie, je ...
Je lui frappe sa tête contre le mur derrière lui et glissr ma main gauche contre sa gorge.
- Fermes-la et tu ne l'ouvres que pour répondre à une question, qui est ton sire ?
- Je vois que tu as compris qui j'étais, tu es très intelligente.
Je cogne à nouveau sa tête en resserrant ma prise sur sa gorge.
- Réponds.
- Maître Milosz Volodya.
- Grand-Pa' ? Dis-je surprise.
Si je suis dans l'essaim de grand-pa', nous pouvons éviter le pire. Milosz Volodya était un vampire de près de mille ans. Quand j'étais petite, en apprenant son âge, je l'ai nommé grand-pa', depuis, c'était resté, ça l'amusait, même s'il ressemblait toujours à un homme d'une quarantaine d'années. Quand mon père avait prit la tête de notre clan, il avait pactisé avec Milosz, créant petit à petit une amitié sincère et des liens avec d'autres créatures surnaturelles. Ce qui venait d'arriver ne devait n'être qu'une erreur d'un idiot incompétent dans la reconnaissance de surnaturel.
Je relâche ma prise sur lui et recule. Je vois son regard sur mon corps, je regarde à mon tour, je suis nue. J'avais oublié ce détail un instant.En général, ça ne me dérange pas, ceux de ma meute m'avaient déjà vu ainsi, et c'était réciproque, nous sommes une famille. Mais là, être nue devant cet inconnu, ce vampire, ça me donne des frissons. J'ai la nausée à l'idée que cet idiot, qui m'avait mordu, m'aie portée nue dans les rues.
- Je peux avoir des vêtements ?
Le vampire me montre une chaise dans le coin. Je m'habille en vitesse, son regard me dégoûte. Il se prend pour un Monsieur important en portant un costume trois pièces sombres, mais il me fait plus penser à un pervers. Je me demande ce qu'un type comme lui fait dans l'essaim de grand-pa', il est tout ce que ce dernier déteste.
Je sors de la chambre, il y a encore de l'agitation, il fait donc encore nuit.
- Tu ne devrais pas partir ainsi, tu n'as pas encore récupéré de la morsure, il est même étonnant que tu sois déjà réveillée, ça ne fait même pas deux heures.
Je ne peux pas lui répondre que j'entends mon nom.
- Mademoiselle Nolan ? Que faites-vous ici ?
- Bonsoir Irina.
Irina Lorenera était l'une des protégées de Milosz. Il l'avait sauvé lors d'un massacre dans l'ancienne Russie alors qu'elle avait quarante-deux ans. Elle était son bras droit depuis ce jour. Ce soir, elle portait un tailleur bleu nuit très sobre, sur un chemiser blanc. Elle avait relevé ses longs cheveux blonds en une queue-de-cheval haute. Elle était vraiment belle. Je lui avais demandé de m'appeler par mon prénom, car je le faisais, même si je la vouvoyais ensuite, mais elle ne l'avait jamais fait disant que j'étais une personne importante, tout comme mon père.
- Je dois voir grand-pa'.
- Que se passe-t-il ? Demande-t-elle.
- L'un des votre vient de déclarer la guerre.
Je ne l'ai jamais vu être soucieuse, en colère, elle a toujours le même air, jusqu'à présent. Elle a écarquillé les yeux et son petit sourire poli a disparu.
- Je vous conduis à son bureau.
Même si je connais le chemin, je la laisse m'escorter auprès du maître. Après avoir frappé à la porte et avoir eu l'autorisation, elle me fait entrer.
- Zoé, ma chérie, dit Milosz surprit, mais heureux de me voir, tout en se levant de son fauteuil.
- Bonsoir grand-pa'.
Il me prend dans ses bras.
- Que fais-tu ici ? Tu sens le sang. Que s'est-il passé ?
Sa joie a disparu pour un air concerné, presque effrayant si je ne le connaissais pas.
- L'un des tiens vient de me mordre.
Je lui montre mon poignet. Il le prend dans ses mains avec une infinie douceur.
- Qui ?
Je frémis sous la puissance de sa voix rauque.
- Je ne le connais pas. À mon réveil, un autre homme était là. Lui.
Je montre le pervers du doigt qui nous avait suivis.
- Oliver, dis-moi qui a fait cela, lui demande le maître.
- Je suis désolé Maître, j'ai manqué de vigilance.
- Oliver, ne me fais pas répéter.
- Destun.
- Tu devais le surveiller, il était sous ta responsabilité, gronda Milosz.
- Je suis désolé maître.
- Être désolé ne suffira pas. Te rends-tu compte au moins ce qu'il vient de faire ?
- Nous pouvons effacer la mémoire de cette jeune fille et ...
- Ne sais-tu pas qui elle est ? Demande froidement Irina. Tu n'es qu'un idiot Oliver.
- As-tu appelé ton père Zoé ? Me demande grand'pa.
- Tu penses que je dois l'appeler pour qu'il apprenne quelque chose me concernant ?
Son visage qui était tiré par la colère et l'inquiétude, se détend un peu, un petit sourire se dessine même sur ses lèvres.
- Non, c'est vrai. C'est même étonnant qu'il ne soit pas déjà là.
Un grand fracas se fait entendre.
- Tu disais ? Dis-je avec un sourire.
- Je vais l'accueillir, dit Irina en sortant presque en courant du bureau.
Mon père m'a élevé seul, je n'ai jamais connu ma mère. Enfin seul, les autres membres du clan étaient là. Comme je l'ai déjà souligné, nous sommes une grande famille. Famille qui ne supporte pas que l'on touche à l'un des siens. De plus, mon père est comment dire ? Très protecteur ? Et encore, c'est un euphémisme.
Malgré moi, quand il entre dans la pièce, je baisse la tête et fais le dos rond.
- Je veux des explications Milosz, avant de prendre une décision concernant notre lien. J'espère ne pas m'être trompé sur toi et que tu n'oserais pas t'en prendre à ma fille.
- Jamais Aiden. Assieds-toi, et laisses-moi t'expliquer.
Mon père le fait. Je m'aperçois qu'il n'est pas venu seul. C'est vrai qu'en général son bras droit le suit, mais il y a deux autres hommes en plus de Brenn. Ce dernier est le meilleur ami de mon père et son bras droit. Il est aussi comme un oncle pour moi et le père de mon meilleur ami Wyatt.
La pression, la force animale qu'exerce mon père diminue. Même si je garde la tête baissée, je ressens les forces animales de Thomas, un être mi-puma, mi-humain, qui est un des gardes du corps de mon père et de Wyatt. Il est comme moi, mi-tigre, mi-humain. Ce dernier s'approche de moi.
- Lève la tête, tu fais de la peine à ton père, me souffle-t-il en posant sa main droite sur mon épaule gauche.
Je lève la tête, il me sourit tendrement en passant son bras droit autour de mes épaules.
- Allez viens.
J'acquiesce et le suis près de mon père.
- Je t'écoute, dit mon père à Milosz.
- Nous avons un jeune vampire, il est, comment dire, il est très gentil, comme un enfant, il ...
- C'est un attardé, dit le vampire qui était là à mon réveil.
- Oliver !
- Désolé maître, mais c'est le meilleur terme pour expliquer comment est Destun.
Je vois que ça peine grand-pa d'utiliser ce terme, malgré tout, il soupire et acquiesce.
- Ce n'est pas un des notre qui l'a transformé, nous l'avons juste trouvé rodant dans les rues du sang sur lui. Nous l'avons adopté, comme tu le fais avec les membres de ta meute. Nous lui avons appris les règles de notre essaim, nous ne tuons pas, nous ne buvons pas de sang directement sur une personne. Nous lui avons aussi appris qu'une morsure pouvait sauver une personne, mais que la personne devait le souhaiter, que nous ne devions pas dévoiler qui nous étions à tout le monde. Oliver, ici présent, devait le surveiller, ça ne fait qu'un mois que Destun est là, mais il a réussi à lui échapper.
- Tu étais blessée Zoé ? Me demande mon père.
- Oui.
Je vois sa mâchoire se contracter. Il doit se retenir de rugir et de passer en mode papa hyper soucieux.
- Comment ? Me demande-t-il.
- J'ai été attaquée par une créature, j'ignore ce qu'elle était, mais pas une .
- Quelle forme a-t-il mordu ?
- Humaine.
- Montre.
Je lui tends mon poignet droit. Même si son toucher est doux, quand il retrace la morsure, sa poigne est forte et tremblante.
- Même si ton novice n'a pas toute sa tête, il a tout de même mordu un membre de mon clan, tu sais ce que ça veut dire Milosz, dit mon père.
- Je sais Aiden.
- Papa.
- Mais je vais entendre ce garçon, suivant ce qu'il me dit, je prendrais ma décision.
Je soupire intérieurement. Bien que j'en veuille au jeune vampire novice, je comprends pourquoi il a fait ça maintenant que je sais qu'il est troublé mentalement.
- Oliver, va le chercher, dit grand'pa.
- Oui, maître.
Dès que la porte est fermée, mon père se lève et me serre dans ses bras.
- Mon bébé, j'ai eu si peur. Tu n'as pas trop mal ? Tu as pu complètement cicatriser ?
- Oui, ça va.
Il me serre en me berçant. Grand'Pa et Irina avaient déjà assisté à ce genre de scène, mais j'étais quand même un peu gênée, je n'étais plus un bébé.
- Aiden, elle devient bleue, dit Brenn en souriant.
Je peux largement supporter la prise de mon père, mon oncle a dit ça pour me sauver la mise. Je lui souffle d'ailleurs un merci quand mon père me lâche. Je vois Thomas se retenir de rire, tout comme Grand'Pa. Même Irina a un petit sourire.
- Mon oncle, elle devrait peut-être s'asseoir, nous ignorons combien elle a perdu de sang et je ne pense pas qu'elle ait mangé, dit Wyatt.
- Tu as raison mon grand. Assieds-toi ma chérie.
Je souris à mon meilleur ami qui me le rend et se place à mes côtés, nos mains en contact.
On frappe à la porte, mon père reprend son attitude autoritaire de chef de clan. Grand'pa donne l'autorisation d'entrer. La porte s'ouvre sur le pervers de tout à l'heure, Oliver me semble-t-il.
- Destun, entre mon garçon, dit grand'pa en lui faisant signe.
L'homme de plus tôt s'avance la tête basse.
- Destun, je te présente Aidan, le chef du clan des thérianthropes.
Le garçon se tourne vers mon père et le salue poliment. En relevant la tête, il me regarde. Un sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'il s'approche de moi.
- Je suis content que tu ailles bien. Il y avait beaucoup de sang sur toi, j'ai vraiment eu peur, mais tu es là, tu vas bien. Le maître va prendre soin de toi comme il le fait avec moi, tu verras. On pourra être ami et ...
- C'est pour ça que tu m'as mordu ? Car je saignais beaucoup ?
- Oui, je pouvais te sauver, j'ai un pouvoir.
- Juste pour ça ou parce que tu l'as reconnu ? Demande mon père.
Le garçon se tend puis fronçe les sourcils.
- Reconnu ? On se connaît ? Me demande-t-il.
- Non.
- Alors pourquoi ...
- Destun ? C'est bien ton prénom, lui demande Wyatt.
- Oui.
- Tu l'as mordu juste pour la sauver ? C'est ça ? Demande à nouveau mon meilleur ami.
- Oui. Enfin ...
- Il y a une autre raison ? Demande mon père.
- Elle est jolie.
Je souris.
- Merci. Merci d'avoir voulu me sauver, mais il faut que tu saches que rien ne pouvait m'arriver, car je ne suis pas une simple humaine.
- Pas une simple humaine ?
- Non. Je suis à moitié animal. Comme le monsieur que ton maître t'a présenté. C'est mon papa.
- J'ai fait quelque chose de mal, dit-il en baissant la tête.
- Oui, mais comme tu voulais juste sauver ma fille, je ne vais rien faire, dit mon père.
Alors que mon père, grand'pa et Irina parlent de la décision qui venait d'être prise, Destun s'accroupit face à moi.
- Tu es en colère contre moi pour t'avoir mordu ?
- Non. Enfin, je ne le suis plus.
Il sourit.
- Tu es quoi comme animal ?
- Je suis désolée, je n'ai pas le droit de la dire, c'est un secret de clan.
- D'accord.
Nous venons d'arriver chez nous. Même si des membres du clan vivent en ville indépendamment, la plupart vivent dans le domaine de mon père.
- Va te changer et viens pour la réunion du conseil dans la grande salle, m dit mon père.
- D'accord.
Même s'il n'y a aucune chance que mon père me rejette, ce dernier recueille les espèces que les autres clans ne veulent pas, je dois passer devant le conseil du clan pour savoir ce qui a changé dans mon organisme comme j'ai été mordue et surtout voir si je ne suis pas un danger pour eux.
Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro