[Voilà ce que ça fait d'être aimé] - Chapitre 21
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L'adulte ne rétorqua rien face au regard que lui jetait l'adolescent, tandis que personne n'osait parler, Percival décida de le laisser faire, et se dirigea vers le commissariat comme il lui était demandé.
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Percival Travis n'avait rarement pour habitude de ne pas respecter les limitations de vitesse, surtout avec un enfant à l'arrière, mais tout cela semblait être un cas d'extrême urgence. Il n'y avait pas un mot dans la voiture, personne qui osait briser ce silence profond. Bryce regardait encore l'heure sur son téléphone, 18 heures 28 quand ils arrivèrent au commissariat.
Ils sortirent tous de la voiture et se dirigèrent vers le commissariat, évidemment ils furent compliqués pour eux de se faire entendre immédiatement par les officiers. Alors ils patientèrent dans la salle d'attente, tandis que Percival et Aquilina faisaient jouer leurs connaissances sur Gregory Smith, ancien inspecteur de police très respecté. Malheureusement, l'inspecteur Smith avait pris sa retraite après l'arrestation de Zoolan Ryce, impossible pour eux d'espérer obtenir une audience rapide. Ils attendirent donc, tandis que Bryce ne cessa de regarder son téléphone, la jambe droite qui tremblait.
-Je crois que je ne t'ai jamais vu stresser comme ça, qu'est ce qu'il y a ? prononça Aquilina visiblement inquiète par le comportement pour le moins perturbant de celui dont elle avait la responsabilité..
-Bryce, je pense qu'il faudrait que tu nous expliques, tu ne crois pas ? murmura Percival, tandis que l'argenté pouvait lire l'acquiescement sur le visage de se tutrice.
-Ecoutez, je vous expliquerai tout.... plus tard. Juste, on n'a pas de temps à perdre. bredouilla l'interrogé, cette journée devenait éprouvante et interminable.
18 heures 50. Tout se refermait petit à petit, Bryce paniqua de plus en plus : après tout cette histoire, il allait échouer si près du but. Finalement un lieutenant, vint les chercher pour les conduire jusqu'au bureau du commandant de police. Les trois invités entrèrent dans la pièce, où se trouvait un homme sur sa chaise ainsi qu'une femme avec divers dossiers.
-Commandant Nakoto. se présenta l'officier responsable qui se leva de son bureau avant de poursuivre avec un mouvement de main. Et voici madame la procureure Gaëlis. En quoi était-il urgent de nous voir ?
Les adultes se regardèrent se demandant quoi répondre, et pourtant la question leurs était adressée, mais ils ignoraient tout du problème, ils ne savaient pas pourquoi ils étaient dans ce commissariat. C'était ce qui arrivait quand on se laissait entraîner par les dire d'un enfant. Bryce néanmoins, prit la parole pour éclairer la lanterne de tout le monde.
-Ce soir, à 21 heures, dans un entrepôt au sud de la ville, il va y avoir un trafic d'êtres humains. Des personnes vont être vendus comme des esclaves. expliqua calmement l'argenté, permettant de commencer à faire retomber le poids sur ses épaules.
Les policiers et la procureure regardèrent Bryce, curieux de tout savoir et également surpris que se soit lui qui parla. Derrière l'argenté, les deux accompagnants, tirèrent des regards choqués, se demandant comment il savait cela.
-Quel est le rapport avec Axel ? demanda Percival assez frustré d'être dans l'ignorance.
-Il... il fait parti de ceux qui vont être vendu.... répondit l'argenté, hésitant, se rendant compte qu'il venait de jeter de l'huile sur le feu, car la réponse du conseiller d'éducation ne se fit pas attendre.
-Quoi ! Mais qu'est ce qu'il s'est passé ?haussa de la voix le conseiller d'éducation, dans un ton de colère rarement atteint.
-Calmez vous monsieur. ordonna le commandant d'un ton calme avant de s'adresser à Bryce. Quant à toi jeune homme, explique toi, c'est quoi cette histoire de vente ?
Bryce ne répondit rien, il était trop stressé pour être capable d'expliquer clairement les choses. Il sortit donc le disque dur de sa veste et, après avoir demandé la permission qui lui fut accordée, le brancha à l'ordinateur.
-Qu'est ce qu'il y a dans ce disque dur ? Qu'est ce que c'est que tout ces dossiers ? Tout ces documents ? Il y en a des dizaines ! mitrailla de questions et de manière vive la procureure, ne comprenant pas ce qu'elle voyait.
-Je ne sais pas comment vous l'expliquer, mais regardez ça. répondit l'argenté en tremblant, tout en ouvrant différents documents résumant toute la situation, celui de la vente de ce soir, compris.
Les policiers observèrent les documents tandis que Bryce reçu une vaste série de regards interrogateurs de la part de ceux qui l'accompagnaient. Difficile pour lui de se concentrer sur cela, car le poids de ses épaules commença à retomber, il avait apporté les preuves, il avait fait le maximum. Le silence dura bien une quinzaine de minutes et alors que ses épaules s'étaient détendues, le stress vint l'envahir face à l'absence de réactions des policiers.
-Bon Bryce, assez de secret ! Tu nous avais dit que tu nous expliquerais plus tard, il est plus tard, dis nous ce qu'il se passe ! Je veux savoir tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui ! demanda Acquilina visiblement énervée par les évènements, elle qui était morte d'inquiétude depuis ce matin.
-Je n'ai pas le temps pour tout raconter et j'en suis incapable, là, le plus important, c'est qu'Axel va être vendu et va disparaître si on ne fait rien ! paniqua légèrement l'argenté car les policiers ne relevaient toujours pas la tête.
-Mais ! Enfin Bryce ! Tu peux pas nous balancer cela, sans que l'on sache ce qu'il se passe ! rétorqua Percival, à la fois en colère et choqué, cette histoire semblait grave, et le fait que le jeune homme dont il avait la responsabilité était en danger, le mettait dans tout ces états.
-Et bien. Il se passe que ce garçon vient de nous apporter toutes les preuves imaginables qui prouvent qu'Hardinas Decker, homme d'affaires respectable, est en réalité le chef d'une organisation criminelle à grande échelle.
Tout le monde se retourna de concert vers le commandant qui avait parlé, ils purent voir les policiers quitter les yeux de l'écran, une mine choquée du lieutenant, tandis que la procureur avait retiré ses lunettes pour les nettoyer, elle ne semblait pas réaliser les découvertes.
-Meurtres... braquages et.. blanchissement d'argent.... énuméra finalement la procureure, dans une voix petite, encore sous le choc. Sans parler des trafics d'armes, de drogues ...d'organes ! Et même trafic d'être humain.... Tout cela est... aberrant. C'est aberrant ! termina-t-elle, en se laissant tomber contre le dossier de sa chaise.
-Comment as-tu eu ces preuves, jeune homme ? demanda le lieutenant, posant la question où il devança tout le monde. Tout le monde releva la tête pour savoir, la curiosité piquée au vif.
-Je... je suis entré discrètement chez lui cette après-midi, j'ai transféré toutes preuves qui était sur son ordinateur, après l'avoir... piraté. répondit l'argenté, pas vraiment rassuré de cela, il sentait venir les remontrances et les questions affluer, et celles-ci ne se firent pas attendre.
-Tu as fait quoi ! s'écria Aquilina ayant failli s'étouffer avec leur salive, face à cette révélation.
-Petit, je veux bien croire que tu as du courage, mais ne nous prend pas pour des idiots." lança la procureure peu convaincue. Tu vas me faire croire, que tu as réussi à t'introduire dans la propriété d'un chef du crime, remplis de systèmes de sécurité et de gardes armés jusqu'au dent, pour voler toutes les données qui s'y trouvaient ! Un peu de sérieux voyons.
-C'est difficile à croire mais je pense qu'il dit la vérité. commença le commandant qui semblait être celui qui resté le plus hermétique à toutes ces émotions. Après tout, madame la procureure, comment aurait-il pu les avoir le cas contraire ? En revanche, pourquoi avoir pris tant de risques ? Je ne vais pas faire preuve de bienséance, mais face à un homme aussi dangereux, tu aurais très certainement été tué si tu avais été découvert ? Et d'ailleurs, comment as-tu su que c'était un criminel ? Ce n'est pas un lobby de fouiller les données des gens et de s'introduire chez eux, si ?
L'argenté ne voulait pas répondre la vérité devant tout le monde, il se sentait rougir de gêne car cela le rapportait à ses sentiments envers Axel et à ses confidences. Hors de question de dire tout cela maintenant, et puis il avait promis à Axel de ne rien dire. Comment allait-il passer le problème ?
-Non. Inutile de répondre. finit par dire le commandant, se rendant bien compte que c'était un sujet compliqué, et puis, il avait d'autres choses à se préoccuper.
-En tout cas c'est une véritable mine d'or de preuves qu'on a là.... débuta le lieutenant avant de se faire interrompre brusquement.
-Mais qui ne sert à rien vu qu'on ne peut rien faire. poursuivit la procureur en regardant désormais Bryce avant de reprendre avec un ton plus compatissant. Je suis désolé jeune homme, tu as pris des gros risques c'est... tout à ton honneur on va dire, mais tu as volé ces preuves.... C'est un délit, c'est illégal. Et, aussi grosses soient ces preuves, elles n'ont malheureusement aucune valeur judiciaire surtout qu'on ne s'attaque pas à un petit truand, mais à un chef du crime, connu de tous comme un homme d'affaires influant et respectable.
-Alors vous n'allez rien faire !?" demanda Percival, hors de lui. Et pour cette vente, et pour ces personnes qui vont être vendu ? Nous en connaissons un vous savez.
Bryce s'écroula sur la chaise. Il avait échoué. Tout ces efforts, pour rien. Plus rien ne pourra empêcher la vente si la police ne fait rien, plus rien pour empêcher Axel d'être arraché à lui pour toujours. Instinctivement, ses yeux commencèrent à s'humidifier, il faisait de son mieux pour ne pas craquer mais il doutait d'avoir la force de tenir encore.
-Je suis désolée. Croyez moi, j'aurais aimé le massacrer devant le tribunal avec tout ce dossier béton, mais il n'a aucune valeur. répondit la procureure, essayant d'atténuer la colère qui commençait à se former.
-Non. Nous pouvons faire quelque chose.
Tout le monde se tourna une nouvelle fois vers le commandant, resté muet durant l'échange. Ce dernier se leva de sa chaise et vint s'asseoir au côté de tout le monde, posant une main se voulant réconfortante sur l'épaule de l'argenté.
-Et quoi donc ? demanda la magistrat assez dubitative.
-Ce soir, nous arrêterons Hardinas Decker pour trafic d'êtres humains.
-Mais avec quelle preuve ? Rien n'est recevable dans les données que le petit nous a donné. relança la femme, ne comprenant pas où le commandant voulait en venir.
-Pas besoin de preuves, puisque nous le prendrons en flagrant délit. commença à expliquer l'officier de police avec un léger sourire. J'ai lu sur le document de ce trafic, que Decker sera présent à la vente en personne. C'est là que nous interviendrons avec les équipes d'assauts, nous interromprons la vente et arrêterons tout le monde. Il sera prix la main dans le sac, et avec les témoignages des victimes, son inculpation ne sera que renforcée.
-La suite est aussi simple après, le lendemain, vous nous obtenez un mandat de perquisition qu'aucun de ses avocats ne pourra rejeter vu les éléments à charge que nous aurons. Durant la fouille, nous retrouverons les données, et l'affaire sera classée. Notre dossier béton pourra être recevable et même tous les avocats du monde ne lui sauveront pas la mise.
-Mais si ses hommes suppriment les serveurs ? Comment nous ferons ? demanda le lieutenant, ayant suivi le plan de prêt et pensant avoir trouvé la faille.
-Quelle importance ? Nous en avons assez avec l'arrestation de la vente et puis, ils peuvent bien les supprimer leurs données, ça ne changera rien, bien au contraire ! fit-il, tout en tapotant sur le disque dur. Nous les avons déjà. Alors bien sûr, ils sauront que nous les avons acquis avant l'enquête, mais que feront-ils ? Ils nous accuseront de vol ? Si ils font ça, la seule preuve qu'ils ont est le fait qu'ils ont supprimé les serveurs, et cela revient à quoi ? À des aveux de complicité et d'entrave à la justice. Nous n'aurons plus qu'à prétexter un agent infiltré, qui nous a rencardé pour la vente et qui a récupéré les données, et le tour sera joué. Même le meilleur avocat du monde ne soupçonnera pas un ado de seize ans, de vol de données, de piratage et d'intrusion dans une propriété privée. Madame la procureure, j'ai le feu vert pour l'opération ?"
-Je vais contacter les unités d'interventions immédiatement ! Il est 19 heures 20, dépêchez-vous d'aller me ramener cette ordure !
Le commandant et le lieutenant quittèrent rapidement le bureau pendant que la procureure demanda par sécurité à tout le monde de rester au commissariat, tandis qu'elle s'était déjà armée de son téléphone portable pour le plan d'arrestation.
Bryce soupira enfin, relâchant toute la pression qu'il avait en lui, les prochaines heures allaient être interminable, mais il ne pouvait rien faire de mieux que attendre, désormais.
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Et voilà pour ce 21ème chapitre.
Un chapitre vraiment long, probablement le plus long de la fic, j'ai voulu regrouper toute la partie de l'organisation de l'opération, comme les organisations d'opérations policière, c'est quelque choses qui me passionne, j'ai voulu la détailler. Et tout faire d'un trait, comme ça, ça ne s'éternise pas sur d'autres chapitres. Je serai curieux d'avoir votre avis.
Je suis conscient qu'avec le chapitre précédent, on part un peu loin. Ne vous en faite pas, la reconversion en "polar" s'arrête là.
Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à laisser, si vous le souhaitez, votre avis en commentaire.
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